Actualité aéronautique

Le volcan laisse un vent de perplexité

Article publié le 19 avril 2010 par Vincent Lemaire

Depuis jeudi, le ciel européen est tristement vide : quelques décollages par si par là, des centaines de milliers de passagers bloqués que l'on imagine, à juste titre, crier au scandale dans les halls d'aéroports... Il n'y a qu'à voir aujourd'hui ce beau ciel bleu sans trainée blanche pour constater à quel point la situation est préoccupante.

Alors que François Fillon a annoncé hier que le secteur aérien au nord de l'axe Nice/Bordeaux resterait fermé jusqu'à mardi matin, 9 heures, en raison de conditions météorologiques incertaines, on est en droit de rester perplexe face à la situation.

Que faire ? La situation peut elle perdurer ? Les questions sont en tout cas posées : les compagnies aériennes doivent répondre à leurs obligations légales et cela peut les mener dans de graves difficultés financières si la situation perdure ces prochains jours. On imagine d'ailleurs les réunions de crise qui doivent se tenir dans toutes les compagnies et les mauvaises nouvelles que cela va conduire si la situation ne s'améliore pas.

Le directeur général de l'IATA évoque aujourd'hui des conséquences largement supérieures à celles du 11 septembre 2001, avec un coût estimé à environ 150 millions d'euros par jour pour le secteur tout entier. Les compagnies sont d'ailleurs poussées à annuler tous leurs vols à l'image de Ryanair qui a décidé d'annuler tous ces vols vers le nord de l'Europe jusqu'à mercredi midi. KLM et Lufthansa lui ont d'ailleurs emboîté le pas. Et il n'y a pas que les compagnies qui souffrent : les aéroports, le tourisme, le commerce et le transport de marchandises reconnaissent aussi subir des difficultés !

Le contexte économique difficile va peut être touché encore plus durement le secteur de l'aéronautique, avec des conséquences lourdes à tous les niveaux : des personnels aux constructeurs aéronautiques.

En fait-on trop pour la sécurité ? Les compagnies tirent en tout cas la sonnette d'alarme en critiquant l'excès de sécurité au niveau européen et demandent une réévaluation immédiate des restrictions de vol en Europe. Un porte-parole de la Lufthansa a d'ailleurs confié que jusqu'à 8000 mètres d'altitude il n'y avait pas de cendres volcaniques.

Le vol d'essai mené entre Roissy-Charles de Gaulle et Toulouse-Blagnac hier après-midi semble s'être bien déroulé selon les premières inspections visuelles et les autres essais effectués dans d'autres pays européens semblent venir aux mêmes conclusions. Les autorités appliqueraient-elles le principe de précaution avec un peu trop de fermeté ?

La prudence reste malgré tout de mise. On a tous en mémoire les victimes des catastrophes aériennes et les risques des poussières de cendres volcaniques sur les réacteurs et l'on imagine bien que les pouvoirs publics ne veulent pas endosser la responsabilité d'une éventuelle triste histoire mais ne peut-on pas mettre à l'étude des mesures de contournement ? On parle notamment de réduire l'altitude de vols des avions mais avec des répercussions sur la consommation de kérosène, pouvant être multipliée par deux et pouvant demander des escales supplémentaires pour refaire le plein...

Les mesures effectuées par des avions spécialisées ont montré que l'épaisseur de la couche de cendres est relativement faible. Il est donc possible de voler au dessus sans danger à condition de pouvoir la traverser. A partir de quelle concentration ces poussières sont-elles dangereuses pour les aubes des turbines? Cette couche est-elle d'une concentration relativement égale ou non? Les particules volcaniques sont elles regroupées en zones dangeuses aux concentrations plus élevées? Si c'est le cas, comment les détecter? Autant de questions auxquelles les autorités aéronautiques ont besoin de réponses pour pouvoir se prononcer sur un retour total à la normal.

Dans tous les cas, il semble que le volcan n'ait pas décidé de se calmer et que la situation devienne encore plus préoccupante dans les prochaines heures, sauf si les ministres européens des transports trouvent ce matin une solution à cette crise. Doit-on pour autant continuer à fermer l'espace aérien sans preuve tangible d'un vrai danger pour les avions ?

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