Actualité aéronautique

Bourget 2011: Peut-on parler d'un effet Bourget sur les constructeurs?

Article publié le 24 juin 2011 par Guillaume Boucherat

Ce salon a été marqué comme chaque fois par le duel explosif entre Boeing et Airbus très largement dominé par le constructeur européen. Mais à travers ce duel, et en regardant les autres constructeurs, on observe différentes approches de ce salon par les principaux acteurs de la construction aéronautique.

Ce salon a été marqué comme chaque fois par le duel explosif entre Boeing et Airbus très largement dominé par le constructeur européen. Mais à travers ce duel, et en regardant les autres constructeurs, on observe différentes approches de ce salon par les principaux acteurs de la construction aéronautique.

Peut-on parler d'un "effet Bourget"?

Pour Airbus, la réponse est clairement positive quand on voit les presque huit cents A320neo commandés et mis en option sans parler des autres commandes d'A380, A350, A330 et de la famille A320 "classique" ; le tout annoncé en cinq jours.  En terme de nouveauté, il n'a "que" l'A400M autour duquel malheureusement on s'est plus demandé s'il allait voler ou non ; et des doutes subsistent quant à ses performances et ses atouts face à la concurrence. Airbus se sert donc surtout du Bourget comme campagne de communication autour de ses commandes, et il faut s'attendre à des mois très calmes face à ce déluge.

Pour Boeing, on peut aussi parler d'un effet Bourget. En effet, au moins pour les journées professionnelles, il s'est axé principalement sur la présentation de ses nouveautés (747 et 787) mais repart avec un carnet de commandes bien moins fourni que celui de son concurrent européen. Est-ce que cette nette différence de commandes marque un arrêt pour Boeing à la concentration des commandes ou bien son recul progressif face à Airbus?

Pour les plus petits

ATR a voulu marquer ce salon en présentant sa nouvelle série -600 au Bourget. A son échelle, ATR a effectué son meilleur salon avec près de cent trente avions commandés ou mis en option, ce qui a plus que doublé son carnet de commandes. Donc pour ATR, on peut aussi parler d'un "effet Bourget".

Concernant Bombardier, à défaut d'un "effet Bourget", on pourrait parler d'un bon mois de juin avec cinq commandes enregistrées dont trois pour le Bourget qui représentent jusqu'à 46 appareils commandés ou mis en option. Et ces commandes portent uniquement sur son futur CSeries ; aucune commande ne concerne sa gamme turboprop, pourtant exposée au statique, donc pas de possibilités de le comparer à son concurrent direct ATR.

La grande surprise de ce salon vient d'Embraer qui est resté très discret. Pas d'avion au statique, juste un chalet, et malgré tout des commandes portant sur une quarantaine d'E-jet et presque à égalité avec Bombardier .

Certes les commandes ne se négocient pas uniquement sur la durée du salon, c'est un travail de plusieurs mois voire années, surtout pour les grosses commandes, mais on s'étonne de la discrétion de certains face à d'autres de même gabarit.

Etrangement, ce salon n'a été bénéfique pratiquement qu'aux constructeurs européens (ATR, Airbus). Est ce une stratégie de communication pour se mettre en valeur chez soit quitte à être plus discret ou moins performant le reste de l'année, ou est-ce un signe de la montée en puissance de l'aéronautique européenne?

Réponse en observant les autres salons et surtout les prochains salons du Bourget...

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