Actualité aéronautique

Aero 2015 : L'autogire Bulldog dans les starting blocks

Article publié le 16 avril 2015 par David Barrie

Barry Jones expose le Bulldog, un autogire au look rétro et reprenant la technologie du GyroJet présenté à Farnborough en 2010.

Au détour d'une des allées du salon Aero 2015 à Friedrichshafen, on ne peut pas passer à côté de ce stand : drapeaux britanniques usagés un peu partout, vieux fauteuils club en beau cuir patiné, personnages en costumes d'époque, on baigne dans une ambiance qu'on qualifierait de rétro ; et c'est ce qui est recherché sur le stand de Bulldog.

Nous avions déjà rencontré Barry Jones, en 2010 à Farnborough (voir actualité). Il présentait le GyroJet, un autogire destiné aux missions paramilitaires entre autres.

L'historique du Bulldog est intéressant. Barry Jones nous explique qu'en périple en autogire, il s'est retrouvé en Inde il y a une dizaine d'années. A cause de la mousson, inhabituelle à cette période de l'année, il avait été coincé là-bas pendant plusieurs mois. C'est pendant ce temps qu'il eut l'idée d'un autogire de loisir, avec un design singulier. A son retour en Angleterre, il a du se résigner à laisser de côté son projet, le marché des avions de loisir étant moribond, pour se concentrer sur une version commercialement viable, le GyroJet ; l'autogire présenté à Farnborough en 2010 reprenait l'essentiel des dessins de Barry Jones. Le projet GyroJet étant maintenant en suspens, sans être annulé, Barry Jones est revenu à ses premières amours.

C'est de là que vient le Bulldog. Le fuselage ressemble à celui d'un Waco F tout en composites. Evidemment, les ailes ont disparu au profit d'un plan fixe horizontal à l'arrière et un carénage profilé du train principal. La dérive part de l'arrière de l'autogire et remonte en arc de cercle vers le milieu de l'aéronef, créant en grande partie sa particularité.

bulldog

L'autogire n'est pas passé inaperçu. De nombreux passants, exposants ou membres des médias s'arrêtent devant le stand pour admirer les belles lignes du Buldlog et l'ambiance du lieu. Barry Jones insiste sur ces mots. Il veut faire du Bulldog un avion "plaisir", "rétro", de loisir. Il vise une clientèle d'un certain âge, clairement les cinquantenaires, avec un pouvoir d'achat important et aimant voler. Il veut que les pilotes du Bulldog se fassent plaisir avec un bel objet reprenant le meilleur du design et de la qualité anglaise. Du coup, la performance n'est pas la qualité principale de l'autogire. Le rotor n'est pas optimisé pour la vitesse. Les pales sont simples, longues et très épaisses comparées à tout ce qui se fait sur le salon. De ce fait, le décollage sera très court et l'appareil très maniable. Barry Jones estime que le Bulldog décollera sur une distance égale à cinq fois la longueur de son aéronef, soit une trentaine de mètres. Il a aussi voulu que l'autogire se pose sur tous types de surfaces. La garde au sol est ainsi haute et les roues sont équipés de gros pneus.

L'autogire sera équipé d'un moteur Rotec R3600 de cent cinquante cheveaux (moteur australien, comme le Morane-Saunier Type G construit par Replic'Air) et d'une hélice en bois Hercules fabriquée en Angleterre.

Pour que le Bulldog soit accessible au plus grand nombre, le constructeur espère le faire passer sous la barre fatidique des six cents kilos qui marque la limite pour voler sous le régime LSA au Royaume-Uni. Ce sera plus difficile en Europe continentale où la limite est fixée à cinq cent soixante kilos. Pour arriver à cette masse, c'est la fibre de carbone qui a été choisie pour la structure. EPM, qui fabrique aussi des pièces pour la Formule 1, va se charger de la production de l'appareil pour l'ensemble des pièces. A terme, le constructeur aimerait vendre et produire une cinquantaine de Bulldogs chaque année.

Mais tout n'est pas gagné. Le moteur n'a pas encore tourné sur le prototype montré à Friedrichshafen. Cela devrait arriver rapidement et Barry Jones nous a confié qu'il espérait un premier vol avant la fin de l'été. Ils n'ont donc aucune donnée de vitesse et autres performances.

Cela n'a pas empêché une entreprise anglaise opérant des vols de loisir avec des Tiger Moth (comme Classic Wings à Duxford ou Blue Eye à Derby) de commander un autogire et de placer trois options. Aero 2015 est le premier salon où le Bulldog est montré au public. Barry Jones nous a confirmé avoir reçu de nombreux retours très positifs concernant le Bulldog et des contacts avancés avec des clients potentiels. Il ne nous a donné qu'un ordre de prix, aux alentours de cent trente mille livres sterling, en déclarant que cela est encore un peu tôt pour être plus précis.

Il pourra maintenant le montrer dans différents salons et meetings en Angleterre et en Europe où il a été invité pour l'exposer.

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