Breguet Br-1050 Alize

  • Constructeur : Breguet
  • Catégories : Avions de patrouille maritime, Avions de surveillance
  • Pays : France
  • Année du premier vol : 1956

Description de l'appareil Breguet Br-1050 Alize

Le Breguet Alizé est un appareil de lutte anti-sous-marine en service dans l'Aéronavale Française de 1959 à 2000. Servant principalement sur les porte-avions Foch et Clémenceau, il a aussi été exporté en Inde où il fut engagé contre le Pakistan durant la troisième guerre Indo-Pakistanaise de 1971.

Le développement de l'Alizé se place dans la continuité de celui du Breguet Br 960 Vultur, un avion d'attaque hybride (turbopropulseur Mamba III à l'avant, réacteur Nene à l'arrière) embarqué qui avait fait son premier vol le 4 Août 1951. Bien que répondant parfaitement au cahier des charges, le Vultur fut abandonné : prévu principalement pour de l'attaque de navires de surface, il est peu adapté à la lutte contre d'éventuels sous-marins en plongée (lutte ASM). Le dessin de l'avion de série doit donc être considérablement modifié, la structure est changée, l'aile redessinée, la propulsion surtout changée : on remplace l'Armstrong-Siddeley Mamba par le Rolls-Royce Dart. On élimine du même coup le réacteur à l'arrière. Toutes ces modifications sont validés par de nombreux essais en soufflerie, qui justifient un nouvel empennage et des ailerons agrandis, entre autres modifications aérodynamiques.

Le second prototype du Vultur, devenu Br 965, sert de démonstrateur permettant de valider le nouvel agencement du fuselage qui doit accomoder un troisième homme d'équipage, des équipements électroniques de lutte ASM, ainsi que les charges de profondeur. Un radar est placé dans une excroissance escamotable sous l'arrière du fuselage, mais l'avion est privé de MAD (Magnetic Anomaly Detector ou Détecteur d'Anomalies Magnétiques, permettant de repérer de grosses masses métalliques sous l'eau) : les équipements disponibles ne sont pas assez efficaces, et sont contraignants. Le premier prototype réel du Breguet 1050 Alizé vole pour la première fois le 6 Octobre 1956. Une commande de 100 appareils pour la Marine fut ramenée à 75 en 1958 ; mais un total de 87 appareils de série (sans compter donc 5 appareils de présérie) fut construit entre 1959 et 1961, 12 Alizé étant vendus à l'Inde, et livrés en 1961.

L'Alizé se présente comme un avion assez ventru à ailes basses et empennage classique. L'aile droite de 15,6 m d'envergure a un allongement de 6,8, et est de construction classique : bi-longeron à revêtement travaillant. Deux nacelles de voilure permettaient de loger le train principal qui se rétractait vers l'avant, ainsi que des bouées accoustiques (7 par nacelle). Le train d'atterrissage était prévu pour des vitesses verticales au toucher allant jusqu'à 4 m/s. La cabine est peuplée par un pilote à gauche, un navigateur à droite, et un radariste derrière eux, leur tournant le dos. Une quatrième place pouvait être aménagée pour un navigateur ou un moniteur-radariste. La cabine était non pressurisée.

Le turbopropulseur définitif adopté était le RR Dart R.Da.21 de 1950 ch au décollage, avec poussée résiduelle (poussée obtenue grâce aux gaz d'échappements). Son échappement est situé au dessus de l'aile droite. Les 4 réservoirs d'ailes et les 4 réservoirs de fuselage contenant un total de 2100 litres, auxquels pouvait éventuellement s'ajouter un réservoir supplémentaire en soute de 500 litres, permettaient des sorties de plus de 3 heures et demie à basse altitude (consommation 350 à 700 l/h).

L'avionique était assez développée, chose normale pour un avion de lutte ASM. Le pilote automatique était doté d'un mode permettant une tenue précise d'altitude, pour les longs vols juste au-dessus de la surface ; un radar de détection et de navigation DRAA2A, des récepteurs de bouées accoustiques, un système IFF (Identification Friend Foe, permettant de distinguer les amis des ennemis), détecteurs de radar... L'armement, complété par la suite, pouvait comprendre des charges de fond, une torpille autoguidée, des bombes lourdes, des bombes légères, six roquettes, ou deux missiles filoguidés AS-12. L'armement pouvait être placé dans la soute à bombes, ou, pour les roquettes, bombes légères ou AS-12, fixé sous trois points d'emport pour chaque aile.

L'Alizé était l'un des rares avions de la Marine à pouvoir décoller du Foch ou du Clémenceau sans utiliser de catapulte. Les catapultes ayant un potentiel (un nombre de catapultage) limité entre chaque révision, il s'avérait parfois utile de réserver les catapultages aux avions les nécessitant réellement : Crusader, Super Etendard, Etendard IVPM ; et les Alizé décollaient sans catapulte. Cette possibilité était cependant assez restrictive : l'appareil devait décoller avec un plein minimal de carburant, une température fraîche, 2 membres d'équipages seulement, et 30 nœuds de vent relatif sur le pont. L'appareil était reculé tout au fond du pont, et devait décoller avant la fin du pont pour éviter un courant rabattant dans la zone de la proue. Compte tenu de ces restrictions, l'utilisation de cette technique, qui serait appelée "décollage pont droit", resta limitée.

En service dans la Marine Nationale, l'Alizé équipa trois flottilles, les 4F, 6F et 9F, dans lesquelles il remplaça le Grumman Avenger. L'avion était facile à piloter, stable, et résistant aux virages serrés à basse altitude qui vont avec la lutte ASM. A basse vitesse cependant, ses ailerons perdre de leur efficacité, ce qui pouvait rendre une remise de gaz trop brutale dangereuse. Il fut retiré du service en septembre 2000.

Les Alizé de la Marine Indienne étaient embarqués sur le Vikrant, ex-HMS Hercules de la Royal Navy, modifié avec un pont oblique, et embarquant des Hawker Sea Hawk en plus des Alizé. Ils furent engagés lors de la guerre indo-pakistanaise de 1971, et participèrent à des missions d'attaque terrestre. Leur rôle principal était cependant de contrôler le Golfe du Bengale. Dans ce cadre, un sous-marin pakistanais (type Daphné, français) fut revendiqué par des Alizé, détruit à la roquette après avoir été forcé à sortir d'immersion à la suite d'un grenadage. Un Alizé fut par contre descendu par un F-104 pakistanais. Les Alizé indiens furent basés à terre à partir de 1989, date de remplacement des Sea Hawk par des Harrier, et l'installation d'un tremplin sur le Vikrant ; ils furent retirés du service actif progressivement dans les années 90, et remplacés dans le rôle de patrouilleur maritime par des Dornier 228.


Source principale :
http://240plan.ovh.net/~flottill/cd/alize-17.htm

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