Tupolev SB

  • Constructeur : Tupolev
  • Catégories : Appareils de l'entre-deux-guerres, Bombardiers
  • Pays : Russie
  • Année du premier vol : 1934

Description de l'appareil Tupolev SB

Le Tupolev SB est un bombardier soviétique majeur de la fin des années 30. Monoplan cantilever, ses deux moteurs lui donnaient une vitesse suffisante pour échapper aux chasseurs de l'époque, biplans pour la plupart. Il fut engagé en nombre en Espagne, où il se révéla efficace ; mais des chasseurs plus rapides arrivent par la suite, qui mettent fin à son règne. Il constituait cependant toujours plus de 90 % de la flotte de bombardement soviétique en Juin 1941.

Le développement du Tupolev SB répondait à un besoin exprimé par le ministre de l'air pour un bombardier rapide, en 1933. Deux motorisations différentes furent évaluées, l'une à base de deux moteurs Wright Cyclone, l'autre utilisant des Hispano Suiza 12Y. Les deux prototypes correspondants volèrent respectivement en Octobre et Décembre 1934 ; le prototype motorisé par les Hispano Suiza se révéla supérieur.

Le SB était un monoplan à ailes médianes, de construction entièrement métallique, à revêtement travaillant, avec train rentrant. La comparaison avec le Tupolev TB-3 du même constructeur, qui avait fait son premier vol en 1932 et était un énorme quadrimoteur à train non rentrant, revêtement en tôle ondulée comme le Ju-52, et cockpit à ciel ouvert, montre le chemin parcouru en peu de temps. Les deux moteurs Vladimir Klimov M-100, des Hispano Suiza 12Y construits sous licence, de 750 ch chacun, entraînaient deux hélices bipales. Les moteurs évolueront aussi au fil du temps : on passe rapidement (dès fin 1936) du M-100 au M-100A de 860 ch qui met en rotation de nouvelles hélices tripales, puis au M-103 de 960 ch à partir de 1938.

Bien qu'étant au départ handicapé par de petits défauts de conception, c'était l'un des bombardiers le plus rapide du moment : la version à moteur M-100A est donnée pour 423 km/h à 4000 m, contre par exemple 357 km/h à 3000 m pour le Fiat Cr.32, l'un des adversaires potentiels du bombardier en Espagne. Un pilote de Fiat, s'il espérait descendre un Tupolev SB, était donc forcé de se trouver au-dessus de lui, pour piquer et ainsi le rattraper ; une fois la passe terminée, aucune chance d'en faire une seconde. C'est ainsi que les Tupolev SB, qui furent quasiment dès le début de la production, fin 1936, envoyés en Espagne contre monnaie sonnante et trébuchante, pouvaient presque opérer en toute impunité, au moins au départ.

L'arrivée des Bf 109B affectés à la Légion Condor, en 1937, change clairement la donne, puisque le chasseur allemand est déjà capable de plus de 460 km/h en altitude, sans compter que d'autres versions, des Bf 109C, Bf 109D et Bf 109E seront affectés au fur et à mesure de leur production à cette unité. L'impunité du Tupolev SB, basée quasiment uniquement sur sa vitesse, est du coup complètement remise en question.

L'URSS étant un des soutiens principaux de la Chine contre le Japon lors de la Seconde Guerre Sino-Japonaise, qui débuta en 1937, les Tupolev SB se retrouvent aussi sous les couleurs de l'aviation chinoise, dont ils constituaient aussi la majeure partie de la flotte de bombardement. Là, leur vitesse leur permettait encore de semer les avions de l'armée nippone, qui ne disposait pas encore des Ki-43 et volait principalement Nakajima Ki-27. Cette impunité par la vitesse était encore valable lors de l'affrontement de Khalkin Gol (été 1939), à la frontière entre la Mandchourie sous domination japonaise, et la Mongolie sous domination soviétique.

Par contre, l'engagement des SB pendant la guerre d'hiver, contre la Finlande, sera désastreux ; volant la plupart du temps sans escorte, les bombardiers sont taillés en pièces par des chasseurs finlandais (Brewster Buffalo, Gloster Gladiator ou Fokker D.XXI, entre autres) très aggressifs qui attaquent quasiment à bout portant. Les Finlandais captureront d'ailleurs quelques appareils, qu'ils remettront en état et utiliseront lors de la Guerre de Continuation en patrouille maritime.

Son armement défensif est en effet insuffisant : deux mitrailleuses sont placées dans le nez vitré à l'avant, avec un débattement suffisant dans le plan vertical mais très limité en latéral, auxquelles s'ajoutent une troisième arme tirant vers l'arrière depuis une écoutille en bas du fuselage arrière, et une dernière depuis un poste de tir placé sur le dessus du fuselage arrière. Même si les armes russes, des mitrailleuses ShKas, disposent d'une cadence de tir impressionnante pour l'époque, leur débattement limité et le peu de visibilité depuis les postes de tir arrière les rendent peu efficaces. Sa vitesse est donc sa principale défense ; et, en 1941, elle est clairement inopérante.

Elle le sera d'ailleurs d'autant plus en Juin 1941, lors de l'attaque allemande, alors qu'il constituait encore la presque totalité de la flotte de bombardement soviétique. En 1940 apparaît l'Arkhangelsky Ar-2, un dérivé du Tupolev SB (Arkhangelsky étant déjà l'un des ingénieurs travaillant sur ce dernier), mais cet appareil se révèlera bien inférieur au Petlyakov Pe-2, qui commence à entrer en production au début de la guerre germano-soviétique et remplace en production le dérivé du SB.

Liste des versions de l'appareil Tupolev SB

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