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F-14 Tomcat

Dernière actualisation le 31 mars 2009

Le F-14 Tomcat est un chasseur supersonique, naval biplace et bimoteur conçu en 1968 pour la défense des porte-avions de l'US Navy à longue distance et pour le remplacement des F-4 Phantom II. Il sortit vainqueur du concours de plans (sans essais en vol) de l'US Navy le 15 janvier 1969 sous le nom de Grumman G-303 et connut par la suite 3 versions différentes : les F-14A, B (ou A plus) et D. Son prix se situe aux alentours de 38 millions de dollars.

Le Tomcat est l'un des rares avions de série à avoir adopter des ailes à géométrie variable. Ce dispositif permet de faire pivoter l'aile sur un axe afin de varier la flèche. En vol à faible vitesse ou lors de l'appontage, la flèche est au minimum pour assurer une portance maximale et lors de vol supersonique, la flèche augmente dans le but d'améliorer l'aérodynamique de l'appareil et par la même occasion : sa vitesse, son rayon d'action et sa consommation. Cette flèche peut varier en vol de 20° à 60°. Au sol, pour faciliter l'accès aux ascenseurs et le parking à bord des porte-avions elle peut atteindre 70°. Lorque la voilure pivote vers l'arri&egravere de l'appareil pour augmenter sa flèche, elle vient se plaquer contre un rembourrage souple permettant ainsi à l'aile d'épouser la forme aérodynamique du fuselage. Les ingènieurs qui ont conçus ce système ont beaucoup profité de l'expérience acquise avec le F-111 Raven. Bien que cette technique permette un gain aérodynamique considérable, l'excédent de poids qu'elle impose et sa complexité de maintenance sont très pénalisants. C'est pourquoi, on la retrouve sur assez peu d'avions. On peut tout de même citer le Tornado européen, le bombardier B-1 de Boeing et sa copie russe le Tupolev Tu-160 Blackjack, ainsi que le Mirage G de Dassault resté au stade de prototype. Le F-14 possède aussi une surface canard rétractable dont la flèche peut varier de 5 à 15 degrés suivant l'angle des ailes. Au delà de Mach 1,4, un calculateur de bord prend le contrôle de la surface canard et allège alors la charge de travail du pilote.

Le premier prototype du F-14 prit son envol le 21 décembre 1970. Le 30 de ce même moi, l'appareil fut perdu suite à une panne hydraulique. Cette accident n'empêcha pas la poursuite du programme et le second prototype fit son vol inaugural le 24 mai 1971. L'appareil entra en service en 1972. Il était alors équipé du radar AWG-9 destiné au départ à la version navalisé du F-111. Ce radar toujours très performant de nos jours lui permettait de repérer un avion ennemi volant à très haute altitude ou au contraire au ras des flots. Sa porté de détection d'environ 220 km, représente plus du double de celle du radar Westinghouse AWG-10 embarqué dans le F-4J Phantom II. Ce radar peut aussi poursuivre simultanément 24 cibles, engager l'interception de 6 appareils ennemis avec ses missiles Phoenix AIM-54A tout en effectuant une veille radar. Il est aussi capable de localiser un chasseur bombardier à 215 km quelle que soit son altitude, un bombardier à 315 km et tout engin volant de 5m² de surface alaire.

Le F-14A était propulsé par des turboréacteurs Pratt & Whitney TF-30-P-412A destiné comme l'AWG-9 à la version navalisé du F-111 de General Dynamics. Ces réacteurs se sont à la fin des années soixante-dix montrés si décevant que le Département de Défense américain songea sérieusement à les remplacer par de nouveaux moteurs ce qui se révéla très difficile à entreprendre. Il fut décidé à la place d'améliorer les TF-30. Les "nouveaux" moteurs prirent la désignation TF-30-P-414A. Les Tomcat équipés de cette variante améliorée du TF-30-P-412A se révélèrent plus efficace bien que la Navy aurait souhaitée avoir de nouveaux moteurs plus puissants. Les TF-30-P-414A sont des turboréacteurs à double flux avec réchauffe (postcombustion). Ces réacteurs développent une poussée unitaire de 9480 kg avec postcombustion tout comme leur modèle d'origine.

Le Premier Tomcat fut livré à la Navy en octobre 1970. En tout, se sont 557 exemplaires qui furent construit pour la Navy (Les 12 exemplaires de pré-série étant inclue dans ce nombre). A celà, il faut rajouter les 80 exemplaires commandés par l'armée de l'Air Impériale iranienne (seul pays ayant acheté des F-14). Les 102 derniers exemplaires du F-14A furent équipés de la version améliorée du TF-30.

L'armement du Tomcat comprend le canon rotatif hexatube M61-A1 Vulcan de 20mm avec 675 obus. La configuration "standard" du F-14 comprend six missiles AIM-54 Phoenix (quatre sous le fuselage et deux sous pylones), deux missiles sidewinder AIM-9 (fixés sur la partie coudée des pylones du Phoenix) et deux bidons largables de 1009 litres (attachés sous les nacelles des moteurs). Cependant, les combinaisons sont multiples. Ainsi, pour sa défense, il peut emmener quatres missiles Phoenix de 117 km de portée sous son fuselage auxquels se rajoutent deux missiles AIM-7 Sparrow et deux missiles AIM-9 Sidewinder de portée respective de 70 et 18 km. Le missile Phoenix est le plus cher des missiles américains mais aussi l'un des plus efficaces. Lors de son tir, un autodirecteur le dirige vers son objectif illuminé par le radar AWG-9. Ensuite, à 15 km de sa cible, le missile se dirige seul et permet alors au pilote du Tomcat de décrocher et de poursuivre ainsi sa mission. Un Phoenix coûte environ un million de dollars...

En avril 1987, la production du F-14A fut arrêtée, cédant la place au F-14B (aussi appelé A plus). Ceux-ci étaient une version provisoire et conservaient les systèmes du F-14A. Seul le moteur Pratt & Whitney fut remplacé par le General Electric F110-GE-400. Ce moteur, beaucoup plus fiable et facile d'entretien que son prédécesseur, offre une poussée unitaire à sec de 6350 kg et de 10478 kg avec postcombustion. Le premier des deux prototypes F-14B effectua son vol inaugural le 29 septembre 1986 et le premier des appareils de série vola pour la première fois le 14 novembre 1987. 38 Tomcat furent produits et 32 F-14 modifiés aux normes F-14B.

La dernière version du Tomcat : le F-14D effectua son premier vol en mars 1990. Quelque fois appelées F-14 Super Tomcat, cette version reprend le moteur F110-GE-400 du F-14B, mais son avionique est remplacée à 60%. Le radar AWG-9 fut remplacé par l'APG-71, et de nombreux systèmes électroniques sophistiqués furent ajoutés ou modifiés tel que le dispositif de brouillage ALQ-145 ou encore le d&eacutetecteur d'alerte radar ALR-67. Un système de poursuite à infrarouges a également était intégré. Au départ, il était prévu de fabriquer 127 avions et de moderniser 400 F-14A et F-14B. Cependant, avec les baisses du budget de la d&eacutefense, le Congrès américain n'autorisa la construction de seulement 37 F-14D et la modernisation de 18 appareils alors nommés F-14D (R) Tomcat. Le premier F-14D fut livré en février 1990. En 1996, la perte de trois avions sur une période de 4 semaines amena la Navy à interdire la postcombustion sur les F-14B et D à toutes les altitudes excepté bien sûr en cas d'urgence opérationnelle.

Au début des années 80, des F-14 furent utilisés comme avions de reconnaissance. Ils emportaient des caméras infrarouges et optique, qui permettaient la prise de photos sans dégrader ses performances. Trè peu de modifications étaient nécessaires à ce changement de rôle. Pourtant, en 1989 la Navy décida de retirer progressivement les F-14 de reconnaissance au profit des F/A-18 Hornet. Durant l'opération Tempête du désert, en janvier et février 1991, des F-14 furent toutefois utilisés pour effectuer pas moins de 781 missions de reconnaissance.

Les Tomcat ont aussi une capacité d'attaque au sol de précision qui implique l'utilisation de bombes à guidage laser. Pour celà, le pod Lantirn avec un désignateur laser, une centrale inertielle et un système de navigation interne et le panneau de contrôle Lantirn avec des écrans de vision nocturne sont nécessaires. Le Système Lantirn équipe 60 F-14A et les F-14B et D. En 1994, la Navy décida de dépenser près de 2,5 milliards de $ afin d'ajouter des capacités d'attaque au sol limités, et d'autres améliorations à 200 F-14 Tomcat (53 F-14D, 81 F-14B et 76 F-14A). en 1995, des F-14 Tomcat exécutèrent ce nouveau genre de mission en prenant part à l'opétion Force Délibérée en Bosnie. Surnommé Bombcats, ils délivraient des bombes à guidage laser pendant que d'autres avions illuminés les cibles. L'ajout de la mission d'attaque de précision pour les équipages de Tomcat se retrouva d'ailleurs dans leurs heures d'entrainements avec 6 heures de vol dévolues à l'attaque au sol. Les capacités d'attaque au sol sont en partie nécessaires pour compenser le départ de tout les avions d'attaque A-6E Intruder qui a eu lieu en 1997 en attendant la relève des nouveaux F/A-18E/F Super Hornet qui rentrent en ce moment en service actif. Cependant, même avec toutes ces modernisations, le F-14 ne saurait constituer un avion d'assaut crédible. C'est pourquoi, toujours en 1994, l'idée de donner les capacités d'attaque du F-15E Strike Eagle au F-14 incluant l'utilisation d'armes air-sol modernes à autodirecteur fit des adeptes. La Navy jugea pourtant ce programme beaucoup trop coûteux en estimant que la modernisation de 53 F-14D reviendrait à 1,8 milliards de $ et 9 milliards pour celle de 198 F-14A et B.

Ce programme aurait pourtant était utile car bien que les F-14 modifiés aient un rayon d'action plus important que le F/A-18C Hornet (il est vrai que le rayon d'action du Hornet est l'un des plus faible de sa catégorie) et qu'ils peuvent atteindre des cibles plus éloigner que celle du Hornet, ils ne possèdent pas de radar air-sol leur permettant une cartographie précise du sol utile pour localiser et attaquer des cibles en terrain ennemis ou par faible visibilité ou pour mettre à jour la localisation de l'avion pendant l'approche des cibles. Seuls les 53 F-14D avec l'APG-71 à ouverture synthétique possèdent cette capacité. De plus, les différentes modernisations des Tomcat n'incluaient ni les armes à autodirecteur ni le missile antiradar AGM-88 HARM, le missile antinavire AGM-84 Harpoon, le missile anti-blindage AGM-65 Maverick, Les bombes guidées Waleye, et SLAM ainsi que les JDAM et JSOW.

Aujourd'hui les F-14 sont toujours en service. Initialement prévus pour un potentiel de 6000 heures de vol, les F-14 ont par la suite étaient certifié avec un potentiel de 7350 heures. Mais, ils ont en réalité un potentiel de 8000 ou 9000 heures de vol. Ils entrent à hauteur de 14 avions par groupes aériens auxquels se rajoutent 36 F-18C/D (les groupes aériens américains étant composés de 50 avions hors avions de soutien). L'US Navy compte les garder en service actif jusqu'en 2003-2004 pour les F-14A, 2007 pour les F-14B et 2008 pour les F-14D en attendant que les F/A-18E/F Super Hornet deviennent pleinement opérationnels. 

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