D' Icare au cargo culte: avion, vol et poésie

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gerfaut
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# 15 février 2010 11:07
Karen Blixen est une aristocrate danoise qui posséda une ferme de 6000 acres au Kenya entre 1914 et 1931. Elle aima beaucoup cette expérience et elle a toujours décrit avec beaucoup de respect les Africains. Un jour son ami Dennys ramena d' Angleterre un Moth. L' arrivée de l' avion bouleversa sa vie, les vieux Kenyans restèrent plutôt méfiants. Son livre est devenu le film Out of Africa à l' écran, avec notamment une superbe scène de vol en biplan. Le droit de citation m' autorise entre 10 à 15 lignes, il faut donc choisir ...

"...ce n' est pas tant ce que l' on voit que le fait de voler qui est source de ravissement et de joie. C' est un bien triste sort et un lourd fardeau pour les habitants des villes que le devoir de toujours se déplacer dans une seule dimension, ils avancent en suivant des lignes, comme s' ils étaient retenus en laisse. Passer de la ligne au plan, passer à deux dimensions, lorsque l' on s' écarte du chemin tracé, lorsque l' on traverse un champ ou un bois, c' est en soi une libération et un plaisir pour les esclaves, comme s' ils découvraient la Révolution Française. Mais, dans les airs, on est emporté dans le royaume des trois dimensions et, après un exil qui dure depuis les âges, on se jette de tout coeur dans les bras de l' espace. En avion, la pesanteur et le temps ne sont plus que


"des bêtes domptées qui jouent et fôlatrent sur les plaines de la vie"." *


*Je ne sais pas qui elle cite ici, elle cite ses poèmes souvent dans le livre. Et juste avant ce passage elle dit :


"Le langage est dépourvu des mots pour rendre ce que l' on ressent en avion, mais, avec le temps, on en forgera de nouveaux."


Karen Blixen, La Ferme Africaine (Den Afrikanske Farm), 1937

(Dernière édition le 15 février 2010 16:18)


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"Je prends tout doucement les hommes comme ils sont, j' accoutume mon âme à souffrir ce qu' ils font" (Le Misanthrope, Molière)
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blowlamp59
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# 15 février 2010 11:18
Pour Vector et en français cette fois !

O rêveuse, pour que je plonge
Au pur délice sans chemin,
Sache, par un subtil mensonge,
Garder mon aile dans ta main.

Une fraîcheur de crépuscule
Te vient à chaque battement
Dont le coup prisonnier recule
L'horizon délicatement.

Vertige! voici que frisonne
L'espace comme un grand baiser
Qui, fou de naître pour personne,
Ne peut jaillir ni s'apaiser.

Sens-tu le paradis farouche
Ainsi qu'un rire enseveli
Se couler du coin de ta bouche
Au fond de l'unanime pli!

Le sceptre des rivages roses
Stagnants sur les soirs d'or, ce l'est,
Ce blanc vol fermé que tu poses
Contre le feu d'un bracelet.

Mallarmé / Poésies

Cette poésie était destinée à l'origine,à la description d'un éventail.Cependant, le critique du début du XXème siècle, Albert Thibaudet, écrira:
" Chacune de ces cinq stances, comme les cinq plumes aériennes de l'éventail même, tient en ses termes contournés et précieux une signification indéfinie, non indéfinie parce qu'elle est vague, mais indéfinie parce qu'elle disperse loin les ondes d'un sens souple et vivant".
Avec un peu d'imagination, ce poème pourrait aussi bien s'appliquer à l'aviation....ne pensez-vous pas?

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If we open a quarrel between the past and present, we shall find that we have lost the future.

Winston Churchill, House of Common,18 June 1940
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blowlamp59
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# 15 février 2010 11:35
Et pour Gerfaut , par la même occasion, bien sûr !

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gerfaut
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# 15 février 2010 18:02
Merci blowlamp59, je ne connaissais pas du tout. On dirait bien un poème composé aussi pour les avions.

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Vector
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# 19 février 2010 14:02
Un autre amoureux du vol

Jonathan Livingston le Goéland n’était certes pas un oiseau ordinaire….Jonathan Livingston le Goéland aimait par-dessus tout à voler.
Il n’y a pas d’illusion à me faire, je suis un goéland. De par ma nature un être borné. Si j’étais fait pour apprendre tant de choses sur le vol, j’aurais des cartes marines en guise de cervelle. Si j’étais fait pour voler à grande vitesse j’aurais des ailes courtes du faucon et je me nourrirais de souris et non pas de poisson.
D’avoir décidé de redevenir l’un quelconque des membres de la communauté, il se sentit réconforté. Il combattrait désormais cette force qui le poussait à apprendre. Il n’y aurait plus de défi donc plus d’échec. Il était plaisant de ne plus penser, enfin, et de voler ainsi dans le noir, vers les lumières de la plage !

Voila la solution ! J’étais stupide ! Tout ce dont j’ai besoin c’est d’une aile minuscule.

Ses pensées étaient triomphales ; « la vitesse limite ! Un goéland volant à trois cent soixante kilomètres à l’heure ! Quel exploit ! Quelle percée vers l’avenir ! »

Son unique chagrin, il ne le devait pas à la solitude, mais au fait que les autres goélands ne voulaient pas croire à la gloire du vol, au fait qu’ils se refusaient à ouvrir les yeux et à voir !

Ce qu’il avait autrefois souhaité pour la communauté, il le conquérait maintenant pour lui seul. Il apprenait à voler et ne trouvait pas trop cher le prix payé. Jonathan le Goéland comprit que l’ennui, la peur et la colère sont les raisons pour lesquelles la vie des goélands est si brève et, comme il les avait chassés de ses pensées, il vivait pleinement une existence prolongée et belle.

« C’était donc cela le paradis », pensa Jonathan, et il ne put s’empêcher de sourire intérieurement.

—Pour voler à la vitesse de la pensée vers tout lieu existant, dit-il, il te faut commencer par être convaincu que tu es déjà arrivé à destination.
« Mais oui, c’est vrai ! Je suis un goéland parfait sans limites ! »

—Nous pouvons désormais, si tu le désires, nous mettre à travailler sur la durée, dit Chiang, jusqu’à ce que tu sois capable de survoler le passé et l’avenir, et c’est alors que tu seras prêt à entreprendre le plus difficile, le plus puissant, le plus merveilleux de tous les exercices. Tu seras prêt à prendre ton vol pour aller là-haut connaître le sens de la bonté et de l’amour….

Plus Jonathan apprenait à pratiquer la bonté, plus il s’appliquait à comprendre la nature de l’amour, plus profond était son besoin de retourner sur la Terre.

En tant qu’élève, ce rude gaillard de Fletcher approchait de très près l’idéal.

Au bout de trois mois, Jonathan avait six autres élèves, tous des exclus, tous intéressés par cette étrange notion nouvelle du vol pour la joie de voler.

—Chacun de nous, en vérité, est une idée du Grand Goéland, une image illimitée de la liberté, leur expliquait Jonathan lors de leurs réunions du soir sur la plage.

—Moi, guider autrui ? Que voulez-vous dire en parlant de faire de moi l guide ? Ici c’est vous. Vous n’avez pas le droit de partir !

—Tu n’as plus besoin de moi. Ce qu’il te faut désormais, c’est continuer de découvrir par toi-même, chaque jour un peu plus, le véritable et illimité Fletcher le Goéland qui est en toi. C’est lui qui est ton maître. Il te faut le comprendre et l’exercer.

—Pauvre Fletcher, ne te fie pas à tes yeux, mon vieux. Tout ce qu’ils te montrent, ce sont des limites, les tiennes. Regarde avec ton esprit, découvre ce dont d’ores et déjà tu as la conviction et tu trouveras la voie de l’envol…

(Dernière édition le 19 février 2010 14:03)


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gerfaut
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# 25 octobre 2010 15:18
Le Papillon par le mime Marceau

http://www.youtube.com/watch?v=30J3ct0QX1Y

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eolien
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# 26 octobre 2010 09:03
Bonjour Gerfaut,
Un Stratocruiser, un papillon...
C'est bien court... dommage.

Bien amicalement,
Eolien

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gerfaut
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# 26 octobre 2010 12:52
Merci Eolien,

J' aime beaucoup cette vidéo et Marcel Marceau, son regard à la fin de la vidéo est d' une grande intensité.

Elle illustre d' ailleurs ce que Marcel a toujours fait, toujours en voyage, il se posait quelque part et faisait décoller les esprits, il enchantait avec peu de gestes et son utilisation du vide. Pas nécessairement besoin d' avion pour décoller.

Tout est résumé dans le thème de la chenille au papillon.

Voilà , cela fait un peu plus long, mais en regardant la vidéo on comprend sans mot dire.

(Dernière édition le 26 octobre 2010 12:54)


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gerfaut
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# 10 décembre 2010 12:12
Extrait des mémoires de francis Veber, l' auteur de l' Emmerdeur, ou du Dîner de cons. Il a bien connu Marlène Dietrich, dont le nom, selon la formule, commencait comme une caresse et se terminait par un coup de cravache. Voyons cela.

"... elle était partie pendant la guerre donner un récital dans une base américaine en Alaska. Au moment de l' atterrissage, les vitres du cockpit s'étaient mises à givrer, le pilote ne voyait plus la piste. Il annonca qu' il ne pouvait pas se poser et les passagers, tous des militaires de haut grade, s' agenouillèrent, terrorisés, dans l' allée centrale pour prier :

- Moi, je n' avais pas peur, parce que mon astrologue m' avait prédit que tout se passerait bien, me dit Marlène.

Et elle ajouta :

- J' ai les cheveux très fins et je voyage toujours avec mon séchoir, je l' ai sorti de mon sac, j' ai bousculé les militaires et je suis allée dans le cockpit. J' ai branché mon séchoir et envoyé de l' air chaud sur la vitre. Un tout petit trou est apparu peu à peu dans le givre. Le pilote a entrevu la piste et il s' est posé en catastrophe.

Une cinquantaine d' officiers supérieurs de l' armée américaine ont eu la vie sauve parce qu' une Allemande qui n' aimait pas Hitler avait les cheveux fragiles. "


Vive les femmes !

Francis Veber, Que ça reste entre nous, p. 118.

(Dernière édition le 10 décembre 2010 12:41)


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Vector
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# 11 décembre 2010 17:00
Excellent Gerfaut,
Cela me rappelle ce grand moment de la Conquête spatiale.
La NASA a dépensé plusieurs millions de dollars pour mettre au point un stylo bille capable de fonctionner en apesanteur. Les Russes ont envoyé un coursier au magasin du coin pour acheter un paquet de crayons à mine. Coût : un rouble.
Dicton militaire : KISS qui signifie "Keep It Simple Stupid"
Ce n'est pas de la poésie, mais cela mérite parfois d'être rappelé !
Bonne journée à tous.

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gerfaut
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# 11 décembre 2010 19:28
Merci Vector,

J 'espère que tu vas bien.

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Vector
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# 11 décembre 2010 23:09
Oui, merci. Un peu occupé par l'OACI.
Et toi ?

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gerfaut
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# 21 avril 2011 14:26
smile

http://www.youtube.com/watch?v=oqa6kWLZ ... re=related

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gerfaut
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# 21 décembre 2011 13:03
Tutoyer les cimes

Photos hallucinantes des constructeurs de gratte-ciels, souvent des indiens

http://meyrolian.wordpress.com/2011/04/ ... ire-rouge/

Dans la BD intitulée Bouche du diable par Charyn et Boucq, un indien explique que les terres indiennes leur ayant été volées, ils ont trouvé refuge dans les cimes, que ce qui se passe en bas ne les interessent pas. Près du ciel, des Dieux et sans vertige.

(Dernière édition le 21 décembre 2011 13:27)


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TOJIAB
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# 22 décembre 2011 09:30
Greetings,
des photos toujours aussi impressionnantes ! Merci pour le lien.

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Michel Audiard
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