Actualité aéronautique

L'aéroport de Toulouse ouvre son nouveau terminal

Article publié le 26 février 2010 par David Barrie

Le Hall D a été inauguré en janvier 2010 et sera mis en service dans quelques jours. AeroWeb vous fait visiter ce qui sera l'aéroport du vingt-et-unième siècle pour Toulouse et sa région.

AeroWeb a eu la chance d’effectuer la visite du nouveau terminal de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, logiquement prénommé Hall D. Le bâtiment a été inauguré officiellement le 21 janvier dernier et sera dévoilé au public lors d’une journée portes ouvertes le samedi 6 mars 2010 de 9h à 19h. La mise en service devrait se faire dans les jours suivants cette date, surement le 9 mars.

Plus d'informations dans notre section Agenda.

 

Pourquoi un nouveau hall ?

L’aéroport de Toulouse atteint aujourd’hui sa limite de capacité avec plus de six millions de passagers par an. Devant la hausse constante du trafic aérien, il fallait créer un nouveau terminal pour accueillir jusqu’à huit millions de passagers et redistribuer la circulation des usagers. Il a donc fallu réaliser un investissement colossal de cent quatre millions d’euros pour augmenter cette capacité.

Ce sont en fait deux bâtiments qui ont été nécessaires pour le Hall D : le hall principal et un satellite. Plus de quarante mille mètres carrés ont été ajoutés au soixante mille existants. Ce sont donc dix hectares que comptera l’aéroport à l’ouverture du Hall D.

Une réorganisation va être initiée qui verra le Hall A dédié à l’aviation d’affaires, le Hall B à la navette d’Air France entre Toulouse et Paris, le Hall C aux vols domestiques et donc le nouveau Hall D aux vols internationaux, c'est-à-dire dans l’espace Schengen et en dehors (La République Dominicaine, le Canada, le Royaume-Uni, le Maghreb, etc.). 

Bien qu’aucune ouverture de ligne ne soit prévue dans l’immédiat, le nouveau hall D se veut être une projection à long terme grâce à la mise en service d’une structure pour pallier à la saturation des structures déjà existantes et pour prévoir une augmentation du trafic inéluctable sur les vingt prochaines années. C’est donc peu à peu que les responsables de l’aéroport de Toulouse espèrent que des compagnies seront attirées par ce nouveau terminal et proposeront de nouvelles destinations.

En fait, le Hall D n’a rien de révolutionnaire, si ce n’est un nouvel outil de croissance du trafic, mais c’est une belle évolution et une mise à jour. Pour les passagers ou pour les employés, pas de grande nouveauté si ce n’est un hall plus moderne et plus ouvert.

Enfin, contrairement à Bordeaux où un nouveau terminal dédié aux compagnies low-cost va ouvrir, à Toulouse il a été décidé de ne pas se concentrer sur le bas coût (on trouve à Toulouse une forte clientèle d’affaires), même si le Hall D peut aussi traiter les compagnies aériennes à bas coût.

vue aérienne du Hall D à Toulouse

Comme dit précédemment, le Hall D est en fait la juxtaposition de deux bâtiments : un hall principal et un satellite d’embarquement.

Tunnel dans le Hall D de ToulouseLe premier bâtiment comprendra la zone publique et la zone réservée pour les départs et arrivées. Du hall C, l’accès à cette structure se fait par plusieurs tunnels à chaque étage. Les quatre terminaux de l’aéroport sont donc reliés d’un bout à l’autre côté sécurisé ou pas. Concrètement, pas besoin de sortir pour aller du hall A au hall D ; même chose en zone réservée, après la sécurité, où les passagers pourront transiter d’un hall à l’autre.

On trouve peu de commerces dans le nouveau terminal en zone publique; seuls quelques fauteuils et bancs siègeront dans l’entrée pour les personnes accompagnant les passagers.

Il va donc falloir déplacer le centre de gravité de l’aéroport vers le nouveau hall alors que tout se trouvait dans le hall C. Beaucoup de services vont se retrouver dans le hall D. Les comptoirs des compagnies seront en face des comptoirs d’enregistrement, puisque le hall D va devenir à terme le centre névralgique de tout l’aéroport. Les commerces vont rester dans le hall C qui sera remis à neuf avec une entière rénovation et mise à niveau. Les compagnies de location de voitures vont aussi bouger et se retrouver près de l’accueil de l’aéroport qui avait été refondu et déplacé il y a quelques mois.

Au sous-sol, on trouve le traitement des bagages automatisés. Ici, rien ne change pour les employés puisque c’est le même système qui était déployé auparavant dans le hall C. Le système sera centralisé et transitera par tous les halls.

Au niveau architectural, les responsables ont voulu le moins de poteaux porteurs possibles dans le bâtiment principal (six en tout) pour pouvoir modifier le profil du hall à tout moment. Le hall D se veut modulable. C’est le mot clé qui a prévalu dans l’élaboration du nouveau terminal. Un tunnel entre le parking P3 (futur P1 en mars 2010) et le hall D a été construit afin de créer une liaison directe entre les deux structures. Si le trafic venait à croître de manière trop importante, il y aurait aussi la possibilité de casser le mur extérieur au nord pour continuer la construction du hall jusqu’au niveau du satellite. De cette manière, le terminal, prêt à accueillir huit millions de passagers, pourrait arriver à dix millions de passagers d’ici 2015-2020.

Hall D à ToulouseLes matériaux les plus utilisés sont le verre, le béton et le métal (acier et aluminium). On trouve dix-huit mille mètres carrés de surfaces vitrés par exemple. Le hall D est beaucoup plus ouvert sur l’extérieur que ne l’est le hall C. C’est aussi une volonté économique et écologique avec le recours, autant que faire se peut, à la lumière naturelle plutôt que la lumière artificielle. Dans le satellite en forme de demi-cercle, le double vitrage entoure un réseau de petites lattes de bois pour filtrer le soleil : les planches sont plus serrés en haut qu’en bas afin de maîtriser la luminosité.

C’est donc un développement à long terme qui a été pensé. Malgré la crise mondiale et une baisse du trafic que les responsables de l’aéroport pensent temporaire, il fallait un nouveau hall pour les vingt prochaines années et la croissance du trafic aérien.

 

Le bâtiment principal

Lorsqu’on entre dans le bâtiment principal au rez-de-chaussée,  au niveau Arrivées, on trouve un seul tapis pour les bagages pour le moment. Là encore, on ouvre progressivement le nouveau terminal puisque trois tapis roulants pourront être installés à terme.

Enfin, un espace pour les enfants non-accompagnés a été aménagé. Cinquante mètres carrés seront destinés à accueillir les enfants à leur descente de l’avion jusqu’à leur prise en charge par leurs parents ou les personnes les attendant.

Enregistrement au Hall D à ToulouseEn montant au niveau supérieur, aux Départs, ce qui impressionne le plus est la hauteur des plafonds et le volume qui semble gigantesque. Lors de la visite, nous étions quasiment les seuls à nous promener dans le hall, ce qui a accentué cette sensation de grand volume et de vide. Au centre, on trouve douze banques d’enregistrement qui seront extensibles à vingt-quatre si le trafic croît rapidement. En face, seront accessibles les comptoirs des compagnies aériennes qui ont donc été déplacés. Grace à la place libérée dans le hall C, de nouveaux commerces y feront leur apparition. Au fond de la salle principale, s’élève un mur de verre qui donne directement sur les pistes et le couloir d’embarquement. Cette installation apporte une luminosité non négligeable.

Au niveau organisation, l’accent a été mis sur la diminution du temps d’enregistrement. Les systèmes d’enregistrement ont été optimisés, on trouve des bornes en libre service et une banque d’enregistrement pour les bagages hors format a été créée.

Ensuite, les passagers passent le filtrage sécurité normalement par une zone centralisée. Là encore, c’est la diminution du temps d’attente qui a primé.

 

La Place – une nouveauté !

La Place au Hall D à Toulouse

Les passagers arrivent alors dans la zone réservée de l’aérogare et découvrent ce qui est une réelle nouveauté à l’aéroport de Toulouse-Blagnac : La Place.

Concrètement, La Place est une zone commerciale organisée autour d’un espace détente avec des sièges et des banquettes. C’est une zone agréable et colorée juste avant le couloir d’embarquement.

Selon l’architecte du projet, La Place a été conçue en «hommage aux nombreuses places autour desquelles la vie s’articule à Toulouse et en Midi-Pyrénées.»

La Place au Hall D à ToulouseLe concept est complètement antagoniste par rapport à ce qui existait auparavant : Auparavant, les commerces se trouvaient avant le filtrage. Ici, la zone commerciale est située après la zone d’enregistrement et la sécurité. C’est une philosophie différente : Les passagers ont l’esprit tranquille et peuvent acheter toutes sortes de choses en attendant l’avion. Des études ont montré que les gens consommaient plus facilement après avoir enregistré leurs bagages et passé les filtres de sécurité. Ils sont alors dégagés de toute obligation et ont du temps disponibles avant d’embarquer. C’est semble-t-il une tendance dans les aéroports du monde entier.

Taste'n'Fly au Hall D à ToulouseOn se retrouve ici avec mille six cent cinquante mètres carrés de commerces. Pour l’ouverture du terminal, les passagers pourront choisir des parfums, cosmétiques, alcools, vins, tabac et des produits gastronomiques. A l’automne, quand le hall D sera rodé, de nouvelles enseignes proposeront des lunettes de soleil, des bijoux, montres, des cadeaux, des objets décoratifs, etc.

Enfin, une zone Taste’n’Fly va être ouverte où les usagers pourront se restaurer avant d’embarquer. On y trouvera plus de produits que ce qui était disponible en zone réservée du hall C.

Il sera possible d’aller du hall C au hall D et vice versa par des escaliers.

 

Le couloir !

Après avoir passé un certain temps à attendre leur avions, les passagers seront invités à se rendre à leur porte d’embarquement située dans le satellite.

Couloir au Hall D à ToulouseIl leur faudra d’abord traverser le couloir de liaison entre le bâtiment principal et ce satellite. Lorsqu’on se retrouve pour la première fois à l’entrée de ce couloir, on est frappé par la longueur de celui-ci, surtout lorsqu’on a l’habitude des espaces étriqués du hall C. Pour faciliter la progression des passagers, deux tapis roulants de trente-cinq mètres chacun ont été installés au centre. En marchant, on passera alors devant la zone d’enregistrement. Le couloir est tapissé de surfaces vitrées, d’un bout à l’autre. Il donne directement sur les pistes et présente une vue imprenable sur les avions qui décollent et atterrissent. Lors de la visite, j’ai eu par exemple la chance de voir un A380 sorti d’usine décoller devant moi.

Le couloir est exposé plein sud et les concepteurs ont décidé de filtrer le soleil avec des lattes de métal, ressemblant à des persiennes géantes. C’est un choix discutable quand on sait que dans les grands aéroports mondiaux dans les pays chauds, les surfaces vitrées sont laissées telles quelles, sans obstacle pour la vue. Et à Toulouse, sauf quelques jours en été,  il ne fait  aussi chaud qu’à Dubaï ou Hong-Kong. Cependant, cela constitue une continuité avec ce qui existait déjà à l’aéroport, dans le Hall C.

 

Le satellite

C’est alors que nous arrivons dans le satellite d’embarquement.

Satellite au Hall D à ToulouseC’est un bâtiment en forme d’arc de cercle. Cette forme permet tout simplement de mettre en contact plus d’avions sur une même surface. Plus d’avion rentrent sur une surface équivalente au sol. Par contre, les avions ne pourront pas tourner sur eux-mêmes et nécessiteront des tracteurs pour les repousser. C’est seulement une façon d’optimiser la place au sol.

Au milieu de la structure, on trouve une séparation physique inamovible, puisque le hall D sera destiné aux vols dans l’espace Schengen et en dehors. Les passagers arrivant d’un pays n’appartenant pas à l’espace Schengen devront passer par les douanes, contrairement à ceux qui arrivent d’un pays de l’espace Schengen. Il a donc fallu délimiter un espace qui ne puisse pas communiquer avec l’autre.

Néanmoins, le satellite se veut le plus modulable possible. Les cloisons peuvent être ouvertes ou fermées selon le nombre de passagers sur un vol. Cela libèrera de l’espace pour les passagers embarquant sur des vols à grande capacité.

Satellite du Hall D à ToulouseQuatre postes pour les avions avec deux rampes chacun sont prévus, même si dans l’immédiat seuls les deux premiers postes possèdent des rampes. A terme, les quatre postes présenteront des rampes et pourront accueillir huit avions.

Les rampes sont à double pente. Du niveau supérieur, les passagers descendront le long de ce petit couloir vitré pour embarquer dans l’avion. A l’arrivée, les passagers débarqueront de l’avion et emprunteront une seconde rampe allant au niveau inférieur, vers la sortie.

Avant l’embarquement, les passagers pourront effectuer des achats de dernière minute avec un magasin express qui s’articulera autour d’un petit stand reprenant l’essentiel de ce qui sera vendu sur La Place.

Satellite du Hall D à ToulouseLes salles d’embarquement sont meublées avec des banquettes rouges disposées en arc de cercle, suivant la courbure du bâtiment. Les murs à l’intérieur ont été laissés en béton brut. Côté pistes, ce sont encore des surfaces vitrées qui ont été placées. Ici, plus de lattes en métal pour filtrer le soleil mais des lattes de bois entrecroisées ; à l’intersection de deux morceaux de bois, des pastilles de couleurs. C’est un choix des concepteurs qu’on peut questionner ici aussi. Outre l’aspect esthétique qui est discutable, c’est la vue qui est bouchée. On ne voit qu’à peine l’avion dans lequel on va entrer et l’extérieur. C’est pourtant ce que l’architecte dit avoir voulu faire : «dématérialiser les limites, entre terre et ciel»… Là encore, même si le but est de contrôler la lumière et la chaleur, c’est une occasion manquée de présenter une zone claire et ouverte sur l’extérieur.

A l’arrivée, il faudra remonter le couloir qui lie le satellite au bâtiment principal, au rez-de-chaussée par contre. Cette fois, des tapis roulants n’ont pas été installés, et il faudra marcher pour arriver au niveau de la sécurité et arriver aux tapis bagages.

Couloir au Hall D à Toulouse

Nous n’avons malheureusement pas vu comment les passagers arrivant de pays situés en dehors de l’espace Schengen débarqueront et passeront les douanes et la vérification de leurs titres de séjour. Le hall était déjà sécurisé et nous avons éprouvé des difficultés à circuler librement d’une porte à l’autre.

Enfin, au centre du demi-cercle, une zone de service a été aménagée. C’est aussi là que les passagers monteront dans les bus lorsque l’embarquement se fera sans rampe.

 

Infrastructures

Pour gérer ce nouvel afflux de personnes, plusieurs infrastructures ont été créées ou le seront dans le futur.

Parking au Hall D à ToulouseCollé au parking P3 (qui va devenir le P1 en mars 2010, c'est-à-dire un parking de courte durée), un nouveau parking en silo est en train d’être construit. Il sera exactement en face du hall D et on pourra y accéder directement grâce à un tunnel qui partira du hall D. Il comprendra 3200 places.

Les compagnies de location de véhicules vont rester au hall C, près de l’accueil qui a été déplacé justement pour être au centre de gravité de l’aéroport, entre le hall C et le hall D.

Le parking P0 qui était un parking de courte durée devient un parking express à durée limitée qui ne servira qu’à venir chercher des passagers.

Un service de bus plus régulier va aussi être mis en place, mais c’est la question du tramway qui pose problème. La nouvelle ligne de tramway qui relie Toulouse à Beauzelle, via Blagnac, ne couvre pas l’aéroport, ce qui semble être une aberration vu le nombre de passagers potentiels ! Néanmoins, alors que rien n’était prévu, une étude recommande maintenant de construire une annexe à cette ligne de tramway pour relier le centre de Toulouse à l’aérogare, mais pas dans l’immédiat.

 

En définitive, le hall D est une évolution.

Comme le dit l’architecte du projet Gérard Huet : «ni révolution, ni simple agrandissement, le Hall D répond d’abord aux attentes fonctionnelles.» 

On peut regretter quelques choix esthétiques, mais c’est une aérogare résolument moderne qui va être proposée aux passagers début mars 2010 et au public lors d’une journée portes ouvertes le samedi 6 mars 2010, de 9h à 19h. A cette occasion, parmi les autres animations, un A380 et un Concorde venant du voisin Airbus seront exposés et le public pourra les visiter, en accès limité bien sur. Les visiteurs pourront se rendre dans la zone réservée où se trouve La Place et pourront même effectuer des achats !

Enfin, face à l’afflux de visiteurs (les organisateurs attendent vingt mille personnes), il sera possible de s’y rendre soit en utilisant les navettes FlyBus du centre ville ou avec un véhicule personnel (le stationnement sera gratuit).

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Les réactions des lecteurs

hiflow
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1 message posté

# 5 mars 2010 09:48
De tous les aéroports de France, Toulouse est le seul à ne pas avoir de terminal low-cost, c'est vraiment dommage d'autant plus que le terminal A s'y prêterait bien... Lyon et Marseille l'ont fait, bientôt Bordeaux.

En ce qui concerne le tramway, je pense qu'il faudra attendre une liaison directe avec le centre ville (comme la majorité des liaisons aéroport en service) car la rupture de charge imposée actuellement avec le métro est assez pénalisante pour des passagers voyageant avec des bagages.
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Curufinwe
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# 7 mars 2010 19:14
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(Dernière édition le 7 mars 2010 19:16)


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David - prof policier, secrétaire, assistant social, parent, infirmier et psychologue à Toulouse!
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