Actualité aéronautique

Crash de l'A320 de Germanwings : un premier point sur l'enquête

Article publié le 26 mars 2015 par David Barrie

Le procureur de Marseille a tenu une conférence de presse exposant les premiers éléments de l'enquête. Il semble acquis que le copilote était seul dans le cockpit, s'y était enfermé et a volontairement fait descendre l'avion pour qu'il s'écrase sur le massif montagneux.

Le procureur de Marseille, M. Robin, en charge de l'enquête sur l'accident de l'A320 de Germanwings a tenu une conférence de presse où il a tenté de répondre aux premières questions concernant les circonstances du crash.

Tout d'abord, il a confirmé que l'identification des victimes prendrait plusieurs semaines "compte tenu de l'étendue de la zone". M. Robin a affirmé que les corps commencent à être relevés et que la "chaîne d'identification ADN a été lancée."

Il a aussi confirmé que la deuxième boîte noire n'avait toujours pas été retrouvée et que seul l'enregistreur des conversations (le CVR) était en leur possession. Les trente dernières minutes du vol ont déjà été retranscrites. Il en ressort que le commandant de bord a demandé au copilote de prendre les commandes avec le bruit du siège qui recule. Le procureur a ajouté qu'on "peut penser que le copilote est alors seul aux commandes". Fait étrange toutefois, du moment où le commandant de bord a quitté le cockpit, le copilote n'a prononcé aucun mot après son départ, et jusqu'à l'impact.

Et c'est "c'est lorsqu'il est seul que le copilote manipule les boutons pour actionner la descente de l'appareil". Après avoir actionné la perte d'altitude, l'avion est passé de douze mille mètres à deux mille mètres d'altitude. Le procureur est catégorique sur le fait que l'acte de faire descendre l'A320 ne peut être que volontaire. Plus tard, le pilote s'identifie pour entrer dans le cockpit, mais le copilote ne répond pas. Cependant, M. Robin précise que le copilote est bien vivant jusqu'au moment de l'impact, des bruits de respiration étant entendus tout au long de la descente. Le commandant de bord a donné des coups sur la porte sans que le copilote ne manifeste aucune réaction. Quand le contrôle aérien demande à l'avion de faire un code de détresse, aucune réponse n'a été reçue. De même, aucun message de détresse ou d'urgence n'a jamais été reçu par les contrôleurs aériens.

A la proximité du sol, les alarmes se sont déclenchées sans qu'aucune réaction ne vienne de la part du copilote. Le procureur semble assuré que le copilote a volontairement refusé d'ouvrir la porte du cockpit et avait la "volonté de détruire cet avion". Il n'avait clairement aucune raison de ne pas répondre au commandant de bord, au contrôle et d'engager la descente de l'aéronef.

Les services de renseignements français et allemands se sont emballés pour coopérer sur certains points. La nationalité du copilote a rapidement été établie après quelques incertitudes hier, en fin de journée. Il avait vingt-huit ans. Les autorités françaises ont demandé à leurs homologues allemandes des renseignements sur le copilote.

Sans rentrer dans les détails, le procureur a précisé que les personnes à bord "ne se sont rendu compte de la situation qu'au tout dernier moment".

Enfin, bien que tragique, M. Robin a écarté la piste terroriste précisant qu'aucun élément n'allait dans ce sens. La découverte de la deuxième boîte noire pourrait faire toute la lumière sur cet accident singulier, même si déjà un scénario commence à se dessiner.

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