Appareils >> Dassault Mirage IIIC :
Le Mirage III et ses dérivés furent les chasseurs à réaction européens qui connurent le plus grand succès. Grâce aux améliorations qui leur ont été apportées, ils resteront encore en service au sein d'une douzaine de forces aériennes pendant une partie du XXIe siècle.
La France retrouvera sa place parmi les nations les plus avancées dans le domaine de l'industrie aéronautique grâce au chasseur à ailes en delta Dassault Mirage III. Aucun autre avion de combat à réaction occidental n'a connu autant de succès. Produit en série sans quatre pays et commandé à plus de 1400 exemplaires par 22 forces aériennes, le Mirage III apparut à la fin des années cinquante, une époque qui paraît déjà lointaine. Toutefois, le dernier appareil de cette lignée a été livré en 1997 et les améliorations apportées aux version initiales permettront à cet exceptionnel chasseur de rester en service pendant de longues années encore au cours du prochain siècle.
La firme français Dassault conçut le premier prototype d'un avion à ailes en delta, le Mirage I, au début des années cinquante, mais celui-ci était beaucoup trop lent et trop compact pour faire un bon chasseur. Le Mirage III est inspiré du Convair F-106 Delta Dart et non du Fairey Delta. En équipant le Mirage I d'un nouveau moteur Atar plus puissant, Dassault réalisa le Mirage III qui décolla le 17 novembre 1956 pour la première fois. Grâce à ses performances hors du commun, l'appareil remporta immédiatement un succès considérable. En 1958, le Mirage III devint le premier chasseur d'Europe occidentale à dépasser Mach 2. Les premières versions, destinées à l'interception, pouvaient rapidement atteindre une altitude de plus de 23000 m grâce à des moteurs-fusées d'appoint. L'autre raison qui explique la réussite du Mirage III réside dans sa polyvalence. La principale version initiale fut le Mirage IIIC, intercepteur conçu pour l'armée de l'air française, qui entra en service en décembre 1961, devenant de ce fait l'avion de chasse le plus performant de cette force aérienne. Le Mirage III fut également décliné en une version d'attaque (Mirage IIIE) et une autre de reconnaissance (Mirage IIIR). Pour l'attaque au sol et le combat air-air, l'avion emportait un radar multimode et une panoplie d'armes diversifiées dont deux canons de 30 mm internes.
Un coût modéré :
L'atout primordial de cet avion révolutionnaire fur son coût. Le prix de vente était en effet modéré grâce à l'utilisation d'une cellule commune pour les différentes versions auxquelles il donna naissance. Le Mirage III resta ainsi abordable, même pour des forces aériennes aux moyens modestes. Parmi les acheteurs du Mirage III initial figuraient l'Afrique du Sud, l'Australie, le Brésil, l'Espagne, la France, Israël, le Liban, le Pakistan la Suisse et le Venezuela. La voilure en delta, beaucoup plus facile à produire que des ailes en flèche qui auraient dû être beaucoup plus fine, permit également de réduire les coûts de fabrication. Par ailleurs, le Mirage III ne nécessitait que 15 heure/homme d'entretien par heure de vol, ce qui rendait la maintenance plus aisée. Et surtout le Mirage avait été conçu pour être facile à mettre ne oeuvre et à entretenir, comme en témoigne le record obtenu par les Mirage IIICJ israéliens pendant la guerre des Six Jours, en Juin 1967. En effet, ces avions effectuèrent pas moins de douze sorties par jour, entre lesquelles ils étaient ravitaillés et réarmés en sept minutes au lieu de vingt en temps normal. Au cours de ce bref conflit, les Mirage israéliens firent preuve d'une incontestable supériorité sur les chasseurs des forces aériennes arabes. Face au succès croissant des exportations, Dassault réalisa de nouvelles versions adaptées à la demande de chaque acquéreur. À l'origine, le Mirage 5 avait été pensé pour les Israéliens, qui souhaitaient un avion d'attaque au sol de jour dépourvu de radar. Une avionique simplifiée fut installés dans le volume laissé libre à l'intérieur du nez du fait de l'absence de radar, permettant ainsi d'accroître la capacité en carburant. Les versions suivantes furent équipées d'un collimateur tête haute et de télémètres laser ou radar. Toutefois, les 20 Mirage 5J commandés par Israël furent soumis à un embargo et versés au bout du compte à l'armée de l'air. Abu Dhabi, la Belgique, la Colombie, l'Égypte et la Libye achetèrent les trois versions proposées à la vente du Mirage alors que le Gabon, le Pakistan, le Pérou, le Vénézuéla et le Zaïre se dotèrent seulement de versions de combat et d'entraînement.
Le Mirage 50 :
À la fin des années soixante-dix, Dassault étudia le projet d'un successeur des Mirage III et 5 désigné Mirage F1. Cet avion était doté d'une version améliorés de l'Atar, connue sous l'appellation d'Atar 9K50 et offrant 10% de poussée supplémentaire. Parallèlement l'avionneur français proposa une nouvelle version des Mirage III et 5, désignée Mirage 50, avec le moteur Atar 9K50. Cet appareil constitua la troisième génération de l'avion de chasse à ailes en delta français. Le Mirage 50, dont 90 % des comparaisons étaient identiques à la version initiale, remplaça les Mirage III de première génération. Il offrait des performances sensiblement supérieures à celles du Mirage 5. La course de décollage était réduite de 15 à 20 %, tandis que la masse maximale au décollage en environnement chaud était plus important de 900 kg, ce qui permettait d'emporter davantage d'armement ou d'accroître de 140 km son rayon d'action. Face à la complexité croissante des chasseurs, devenant de plus en plus chers à l'achat, nombre de forces armées préfèrent rénover leurs avions en service pour réaliser des économies tout en conservant une capacité de combat performante. Existant en grandes quantités, les Mirage devinrent des candidats idéaux pour ces opérations de remise à niveau, à l'issue desquelles ils égalaient, dans certains cas les avions de chasse les plus modernes. Les améliorations apportés au Mirage concernaient principalement trois domaines : les systèmes, l'aérodynamique et la puissance du moteur.
Une nouvelle génération de Mirage :
En 1982, Dassault lança le Mirage IIING Nouvelle Génération, caractérisé par des commandes de vol numériques et des surfaces canard avant situées de part et d'autre des entrées d'air du réacteur et des emplantures d'ailes. Les nouveaux équipements comprenaient des détecteurs d'alerte radar montés dans la dérive et une perche de ravitaillement en vol. Le Mirage IIING n'intéressa aucun acheteur, mais les modalités de rénovation mises au point par Dassault et d'autres firmes aéronautiques furent appliquées à de nombreuses autres versions du Mirage. Une avionique ultra-moderne put être ainsi mise en place sur les anciennes variantes, comme un collimateur cathodique tête haute et des systèmes inertiels assistés par ordinateur qui gèrent la navigation et l'armement, un système HOTAS (mais sur manettes et manche), un radar multimode ou un télémètre laser. Une telle combinaison permit d'accroître la précision de la navigation, en utilisant des points programmés à l'avance, de 1 km par heure de vol. Elle conféra davantage de précision au tir des canons et des roquettes et permit de larguer des bombes freinées à moins de 30 m du point visé. L'aérodynamique fut améliorée grâce à la mise en place de surfaces canard avant, qui pouvaient aussi accroître l'agilité en combat. Ces éléments stabilisaient l'écoulement de l'air au-dessus de la voilure, rendant l'appareil beaucoup plus maniable, surtout à haute altitude. Ils amélioraient également le taux de virage, qui passa de 12 ) près de 20 %, permettant des rayons de virage plus faibles pour un même facteur de charge en combat aérien.
Un moteur plus puissant :
Le remplacement de l'Atar 9C par le 9K50 permit d'augmenter la puissance de l'appareil. Ce nouveau turboréacteur réduisit quasiment de moitié le temps nécessaire pour atteindre Mach 1,8 à 12000 m à partir du décollage, soit de 8 à 4 mn. Le chasseur put être équipé, en option, d'un système de ravitaillement au sol pressurisé à un seul point qui permit de le préparer plus rapidement entre deux missions, d'un système de ravitaillement en vol et de sièges éjectables zéro-zéro (utilisables à altitude et à vitesse zéro). La Belgique, le Pérou la Suisse et le Venezuela ont décidé de remettre leurs Mirage à niveau avec ou sans l'assistance des Français. Quatre autres clients, l'Argentine, le Chili, la Colombie et probablement l'Afrique du Sud ont en revanche demandé l'aide d'Israël, de sorte que leurs Mirage ressemblent désormais aux Kfir construits dans ce pays (la principale réside dans le fait qu'ils ne sont pas dotés du moteur General Electric J79 de construction américaine). Les avions dérivés du Mirage les plus sophistiqués actuellement en service sont sans conteste les Cheetah sud-africains, version profondément modifiée des chasseurs monoplaces IIICZ, des biplaces IIIDZ et des avions de reconnaissance IIIR2Z. Remis à niveau par la forme Atlas, ils se caractérisent par des cellules reconditionnées, des surfaces canard avant et une avionique entièrement nouvelle, qui leur permet d'utiliser une vaste panoplie d'armes dont des bombes ou des missiles "intelligents" à guidage laser. Le Cheetah est la démonstration éclatante que les performances nouvelles du Mirage ne sont pas une simple illusion.
Photos Dassault Mirage IIIC :