Biographies

Max Immelmann

Exception faite de Manfred von Richthofen, Max Immelmann est sans aucun doute l'as allemand le plus connu par les Français. Fils d'un prospère industriel, Max est né le 21 septembre 1890 à Dresde. Il perdit son père alors qu'il n'était encore qu'un enfant, mais sa famille n'eut pas de problème pour offrir au jeune Immelmann une parfaite éducation et subvenir à ses besoins. A 15 ans, il est envoyé à l'école des cadets de Dresde. Un an plus tard il entre dans le prosaïque "Régiment du rail" avec le grade d'Enseigne. Il passe ensuite deux années à l'Académie Militaire avant de retourner dans son unité lorsque la guerre éclate au mois d'août 1914. Avide d'émotions fortes, il commence à sérieusement s'intéresser à l'aviation, au point de suivre un écolage à Berlin-Aldershof à partir du 12 novembre.

Après avoir obtenu son brevet de pilote en 1915, il débute sa carrière comme courrier postal et pilote d'essai. Au mois d'avril de la même année, Max Immelmann est transféré à Vizry, derrière le secteur de la Champagne où les combats font rage.

Comme la plupart des pilotes de chasse de la Grande Guerre, il sert d'observateur dans un biplace LVG, effectuant principalement des missions de reconnaissance au dessus des lignes. Objectif: repérer et bombarder les positions ennemies. Après 2 semaines au sein de la Feldflieger Abteilung 10 (FFA10 - littéralement section de vol 10), il est transféré à la FFA62 où il se lie d'amitié avec Oswald Boelcke. Sa nouvelle unité est alors casernée à Brayelles, dans un aérodrome situé au sud-est de Douai, sur le site actuellement occupé par l'usine Renault. L'escadron du Baron Rouge (Jasta 11) y fera également escale au printemps 1917.

Avec l'arrivée du Fokker Eindekker, un monoplace créé par le Hollandais, Anthony Fokker la supériorité allemande dans le ciel s'affirme. Immelmann et Boelcke voyaient surtout dans ce nouveau type de mécanique, baptisé "éclaireur", une excellente opportunité de réaliser leur choix, leur rêve : voler en solitaire. Les glorieux combats d'autrefois qui opposaient les chevaliers lors des Tournois allaient pouvoir renaître.

Le 1er août 1915 Max Immelmann décolle à l'aube pour survoler la région de Douai à la recherche de l'ennemi. A 05h15 il obtient son premier succès sur un BEs anglais du 2ème Escadron du Royal Flying Corps. Il avait aperçu Boelcke aux prises avec deux adversaires: "J'entendis le crépitement des mitrailleuses, et tout à coup, je vis mon camarade piquer à mort. Ses mitrailleuses venaient de s'enrayer, et il lui fallait atterrir pour la débloquer". Immelmann se retrouva donc seul face à l'ennemi. "Je fonçais sur lui tel un faucon en actionnant ma mitrailleuse, écrivit-il, et je crus un instant que j'allais l'emboutir". Son adversaire essaya de se dégager mais Immelmann se porta à ses côtés et lui coupa la retraite. Puis, il reprit de l'altitude et recommença sa manœuvre d'attaque. A la fin, l'autre descendit en glissade rapide, le Fokker dans sa queue. "Quand je le vis atterrir, ajoute Max, je me posais à côté de lui et m'approchait." Son adversaire, lui tendit la main. "Je la lui serrais et dit en Français :
-Bonjour Monsieur, mais il me répondit en anglais.
-Ah, vous êtes anglais ?
-Oui
-Vous êtes mon prisonnier !
-J'ai le bras cassé, vous tirez fort bien !"

Cette première victoire lui vaut la Croix de Fer, 1ère Classe. C'est évidemment le début d'une longue série, Max truste les récompenses et devient le premier as de la chasse allemande. C'est dans le nord de la France qu'il obtient tous ses succès et est rapidement surnommé par les Alliés l' Aigle de Lille. "C'est incroyable à quel point je suis connu" écrit-il à sa famille. Au cours de ses nombreux combats aériens, il a été systématiquement opposé à des adversaires qui volaient sur des chasseurs biplace. Le pilote protégé par son mitrailleur pouvait se concentrer sur l'ennemi à poursuivre et amener son mitrailleur en bonne position. Pour surprendre son rival, Max va créer une tactique révolutionnaire, baptisée le "Tour Immelmann": une demi-boucle enchaîné avec un demi-tonneau. L'effet de surprise est total et le chasseur devient aussitôt la proie. Il va également convaincre Anthony Fokker de lui fournir un avion spécial à trois mitrailleuses avec lequel il ne tarde pas à se tirer dessus - sans se blesser - par suite du mauvais fonctionnement du synchroniseur et la charge excessive du nez de l'avion.

Le 12 janvier 1916, Immelmann, alors âgé de 25 ans, reçoit de la main du Kaizer, la fameuse médaille "pour le mérite", la "Blue Max" (Il fut également promu Chevalier de 5 ordres différents). Il partit en voiture célébrer l'événement avec des camarades, ils écrasèrent sur la route trois poulets qu'ils dégustèrent arrosés de champagne. Les Allemands s'étaient décidés à honorer leur champion: des cartes postales d'Immelmann portant ses médailles inondent le pays.

Après avoir abattu dix-sept avions (les deux dernières victoires ne seront pas confirmées), le Leutenant Max Immelmann disparaîtra dans des circonstances plutôt mystérieuses le 18 juin 1916 près de Lens. Le Lieutenant Sud-Africain GR Mc Cubbin sera crédité de la victoire qui coûta la vie au pilote de Dresde mais les autorités allemandes, pour maintenir le mythe de l'invincibilité, prétendront qu'Immelmann avait accidentellement tiré sur une de ses hélices durant son ultime combat, entraînant ainsi la chute de l'appareil. Scénario fort improbable !

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