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Bourget 2009: Qui ravitaillera l'US Air Force?

Article publié le 16 juin 2009 par Simon Castaing

Boeing d'un côté et le consortium Northrop Grumman - Airbus de l'autre ont annoncé leur candidature pour l'appel d'offre des ravitailleurs américains.

Airbus et Northrop Grumman ont, par la voix de leurs Présidents, annoncé leur troisième participation à la compétition des ravitailleurs améticains. Leur proposition, le KC-45, sera basée sur la cellule de l'A330 et dérivée de l'A330 MRTT (Multi Role Transport Tanker) qui est déjà en cours de production pour l'Australie et le Royaume-Uni. Les équipes d'Airbus et de Northrop Grumman avaient enlevé la seconde compétition américaine avant qu'elle soit annulée en raison de l'évolution du cahier des charges au cours de la compétition.

Cet après-midi, Boeing a de son côté présenté son programme KC-7A7 et confirmé sa participation à la compétition. Derrière ce A se cache soit un 6, soit un 7 soit un 6 et un 7, c'est à dire que le constructeur américain se basera soit sur la cellule du 767, soit sur celle du 777 pour répondre aux attentes de l'Armée de l'Air américaine, il se pourrait même qu'une flotte composée des deux appareils soit proposée. C'est avec le 767 que Boeing avait concourru lors des deux premiers appels d'offre gagnant le premier et perdant le second.

La participation des deux équipes n'est une révélation pour personne, mais les deux concurrents avaient jusqu'à présent menacé de ne pas participer si les conditions de l'appel d'offre n'étaient pas clairement définies.

190.jpgDéjà envisagé lors de précédents commentaires, la proposition américaine concernant le 777 soulève de nombreux problèmes que les responsables de Boeing ont dû résoudre ou vont devoir résoudre avant de présenter leur offre. En effet, le 767 présentait l'avantage d'arriver en fin de production, laissant la ligne intégralement disponible pour la production militaire, seule une période transitoire étant nécessaire pour assurer la remontée en douceur des cadences de production pour que les sous-traitants suivent le mouvement en bon ordre. Le 777 ne présente pas du tout le même profil, sa production reste, malgré la crise, à des cadences relativement importantes et surtout, son carnet de commandes est bien rempli avec 330 appareils restant à livrer. Autant dire que le défi du 777 ravitailleur ne sera pas seulement technique mais en grande partie industriel. Les solutions peuvent être variées : nouvelle chaîne, hausse des cadences ... mais elles devront convaincre les officiels américains.

Toutefois Boeing possède un atout sur le consortium américano-européen qui peut devenir un avantage important: ses études concernant le 777 sont pour l'instant inconnues à l'extérieur de Boeing car il n'a jamais été envisagé jusqu'à présent. Des informations qui manqueront à Airbus et Northrop Grumman pour pouvoir contrer l'offre de son concurrent.

En attendant, à l'image des problèmes qui remue le petit monde du transport stratégique en Europe avec les retards de l'A400M, c'est l'US Air Force qui doit jongler avec sa flotte vieillissante pour assurer tant bien que mal ses missions. L'heure est suffisamment critique pour que le commandant des forces de l'US Air Force en Europe, le Général Brady, déclare "Je ne veux pas savoir quel sera le ravitailleur, je veux juste des ravitailleurs maintenant."

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