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Le siège éjectable

Dernière actualisation le 31 mars 2009

Dans la seconde moitié du XXeme siècle et depuis leur premier utilisation, les sièges éjectables ont sauvé la vie d'innombrables pilotes.

Dans les combats à basse altitude, le pilote court le risque d'être touché par les défenses antiaériennes. Lorsqu'il trouve un missile sol-air sur sa trajectoire, il dispose d'à peine une fraction de seconde pour réagir avant que son avion touché ne s'écrase. Il lui faut alors soit s'éjecter, soit percuter le sol avec son appareil. Autrefois, lorsque les habitacles étaient à ciel ouvert, s'éjecter signifiait se lancer dans le vide tout en sachant qu'à basse altitude le parachute pouvait fort bien ne pas s'ouvrir à temps.

Sortir de l'habitacle :

Dans le cas d'un avion à réaction, la résistance de l'air forme comme un mur de briques. À supposer que le pilote puisse ouvrir la verrière, la force de l'écoulement d'air serait telle qu'il resterait cloué sur son siège. S'il parvenait d'une façon ou d'une autre à traverser ce "mur", le vent, circulant à plus de 1 000 km/h, le plierait en deux ; il se retrouverait le buste en arrière et les jambes dans l'habitacle. Par conséquent, dans le meilleur des cas, le pilote s'en sortirait avec de graves fractures et les risques d'être décapité ou démembré seraient très importants. Si, par une chance inouïe, le pilote parvenait à sortir indemne de cette première épreuve, le reflux de l'air le projetait violemment contre le fuselage ou l'empennage de l'avion ou bien contre les débris de celui-ci en cas d'explosion.

S'éjecter pour s'en sortir :

Le siège éjectable représente la solution à ce problème. Depuis ses premières utilisations par les Allemands et les Suédois pendant la Seconde Guerre mondiale, il a sauvé plus de 10 000 pilotes d'une mort certaine. Sachant que l'instruction d'un pilote revient à environ 36 million de francs (environ 548900 €), ce dispositif a par ailleurs permis aux forces armées des différents pays du monde de réaliser une économie de 360 milliards de francs (environ 548820000 €). La plupart des sièges éjectables sont actionnés par le pilote qui tire un anneau placé entre ses jambes ou au-dessus de sa tête. En une fraction de seconde, celui-ci se trouve brusquement éjecté de l'habitacle, les bars et les jambes solidement maintenus à l'intérieur du siège, après qu'une petite charge explosive a fait sauter le toit de la verrière. Dès que la force fournie par le dispositif de lancement est épuisée, de puissantes fusées s'allument pour donner une nouvelle poussée semblable à celle d'un moteur d'avion pendant environ un quart de seconde.

Stabiliser la descente :

Puis de petits parachutes s'ouvrent pour stabiliser le siège et permettre d'extraire le parachute principal afin qu'il puisse s'ouvrir correctement. Lorsque celui-ci s'ouvre, le siège descend vers le sol et le pilote est sauf. Un baromètre mesure l'altitude et permet l'ouverture instantanée du parachute s'il se trouve à trop basse altitude. Au-dessus de 2 000 mètres, cette rapidité d'ouverture n'est pas nécessaire et le parachute s'ouvre plus lentement pour éviter de brusques à-coups. Les pilotes peuvent même abandonner un avion qui se trouve à terre grâce à un siège zéro-zéro. Les sièges éjectables modernes fonctionnent aussi sous l'eau.

Les étapes de déclenchement :

0.00 seconde : L'éjection commence lorsque le pilote tire sur l'un des poignées du siège, placés entre ses jambes ou au-dessus de sa tête.

0.25 seconde : Dès la poignée d’éjection actionnée, le siège est propulsé par un canon télescopique (combustion de 3 cartouches de poudre) sur modèles aéronefs anciens (F8E Crusader) ou par des fusées situées sous le siège (comme sur Dassault Rafale par exemple) ; il n’y a pas de moteurs auxiliaires, ce n’est pas une navette ! les jambes sont rappelées automatiquement par des sangles lors de l’élévation du siège, quant aux épaules, le pilote est sanglé sur le siège par un harnais à 5 points !

0.45 seconde : Après une accélération maximale de 12 g, le pilote se trouve loin de son avion et les moteurs-fusées s'éteignent.

0.50 seconde : L'explosion d'une charge permet l'expulsion hors du siège d'un premier parachute stabilisateur qui extrait le petit parachute principal. Cette explosion permet aux sièges de trouver une position favorable pour ton expulsion.

1.00 seconde : En s'ouvrant, le petit parachute principal stabilise le siège de façon à ce qu'il soit dans une position favorable pour l'ouverture du grand parachute principal.

1.50 seconde : Lorsque le grand parachute principal s'ouvre, les systèmes de sécurité qui maintiennent le pilote se débloquent, lui permettant d'abandonner le siège qui tombe vers le sol. Le pilote quitte alors le siège une fois l'air totalement respirable (entre temps, il aura pu respirer grâce à l'intervention d'une réserve d'oxygène fixée sous le siège)

2.50 secondes : Le pilote descend vers le sol ; la balise, le gilet de sauvetage et le dispositif de gonflage du radeau de sauvetage sont activés.

Premiers sauvetages :

1942 : Le major Wolfgang Schenk, pilote d'essai, s'éjecte d'un Heinkel He 280 en difficulté ; c'est la première fois q'un pilote utilise le siège éjectable.

1944 : Deux pilotes d'un avion de chasse de nuit Heinkel 219 s'éjectent pendant un combat.

1954 : Un Westland Wyver est victime d'un accident au moment où il décolle du porte-avions Albion de la Royal Navy. Le lieutenant Bruce McFarlane s'éjecte avec succès de son avion, alors qu'il se trouve à plus de 3 m sous l'eau !

Remarque importante :

Les sièges éjectables modernes peuvent sauver les pilotes dans des situations qui semblent parfois désespérées, en leur permettant d'évacuer leur avion, même si celui-ci se trouve très très près du sol.

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