Que s'est-il passé au juste au 737-800 de Kenya airways?

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lequebecois
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# 16 mai 2007 18:10
Si c'est comme ça en France, imaginez ce que c'est au Kenya alors... sad

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Le bonheur est une pause entre deux emmerdes !

Adepte de la discutaille du coin du comptoir du café de la gare
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BDU76
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# 18 mai 2007 13:24
C'est exactement le fond du PB , en France mais partout ailleur ,dans l'aéronautique , mais aussi dans l'industrie et toutes les acrivités humaine et les exemples sont nombreux .
Bopal , AZF à Toulouse etc... la sécurité est importante ,sauf si elle fini par géner la rentabilite grin
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sevrien
Anonyme

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10 923 messages postés

# 18 mai 2007 17:00
BDU76 a écrit :C'est exactement le fond du PB , en France mais partout ailleur ,dans l'aéronautique , mais aussi dans l'industrie et toutes les acrivités humaine et les exemples sont nombreux .
Bopal , AZF à Toulouse etc... la sécurité est importante ,sauf si elle fini par géner la rentabilite grin
Non, non ! La réponse est facile !

Si un pilote fait ce genre de chose, il prend ses responsabilités. Hélas, avec des conséquences graves, parfois !

Mais, il y a assez de professionnels de la qualité (ce qui englobe beaucoup de facteurs), pour que, dans le management moderne, on puisse démontrer que la sécurité, dans toutes ses facettes, puisse être facteur de productivité, et non pas "frein pour la productivité" !
Hélas, dans le transport aérien, il existe des aléas que l'on ne maîtrise pas forcément de la même manière & avec la même facilité que dans d'autres domaines, ... sur terre.

Une fois, j'ai fait un voyage que , surement, peu de gens sur le Forum ont pu faire : Paris-Budapest-Chisinau (ex- KICHINEV, Moldavie ; et non pas la Moldavie roumaine, mais la Moldavie russe, pays de naissance de Brezhnev) bien avant que l'ex-Président CHIRAC et d'autres Français ne s'y soient aventurés.

A Budapest, il faisait -12C ou -14°C. Pas de quoi fouetter un chat. Tout organisé ! Neige pas de problème. CHISINAU avait été fermé dès 07h00 du matin, mais un Antonov s'était posé (Moscou oblige) vers 13h00. Les rapports météo indiquaient : blizzards, -26°C (je sais qu'il y a des Français qui disent qu'à -26°C, il ne neige pas ! Pauvres imbéciles ! Encore les idées reçues ! ), ... et congères dépassant 2.50 mètres.

J'ai discuté avec le pilote qui devait assurer le segment Budapest-Chisinau. Lui, calme : ex-pilote de Brezhnev, ... qui, avec ses copains, avait "acheté" les avions super-équipés de Breznhev ; des YAK; tri-réacteurs (bruyants et lents, me dit-il). Sur les 32 passagers qui devaient prendre le YAK, seulement 19 ont voulu. 13 avaient peur. C'est leur droit. Il m'a dit, si je décolle, c'est que je sais que je pourrai atterrir ; mais je volerai bas, et consommerai pas mal de carburant ; mais j'ai tout ce qu'il me faut. Un seul risque ; le système de chauffage peut tombér en panne ("dernière révision pas bonne" ! ). Vrai ! Ce fut le cas. On avait froid. Plus de 2 heures de blizzard sur Un vol de 2h50 qui a duré bien > 3heures ! Oui, les YAK tri-jet de cette génération volent moins vite que les SAAB 2000 (turbo-prop).

Nous avons atterri sur 30 à 35 cm. de "glace blanche" (luisante ! ). Les congères faisaient bien 2.50 à 3.0 mètres de haut ; la néige fut comme du béton. Il a fallu un engin de travaux publiques pour briser la glace, et creuser une parking pour l'avion ! 45 minutes de travail ! Il faisait froid dans l'avion ! On a vidé les derniers flacons de cognac. Tout est bon dans ces moments-là !

La neige s'est arrêtée. Certains autochtones m'ont dit qu'ils n'avaient pas reconnu l'aéroport à l'atterrissage (ils croyaient qu'on s'était posé à IASI, en Roumanie, région de Moldavie). 2 heures d'attente avant de pouvoir faire les formalités d'entrée dans le pays ! Une heure d'attente supplémentaires pour quelques rares taxis ! Arrivée avec 16 heures de retard ! Pas mal !

Mais ces pilotes sont sûrs (acrobates sûrs! ), les avions furent robustes, et on nous a servi du cognac moldav à go-go, pour nous permettre de rester chaud ! Nous avons perdu l'électricité dans la cabine une bonne heure avant l'atterrissage !

Du folklore, ... à ne pas refaire ! Mais bon de l'avoir fait,... et d'avoir survécu ! Mais avec un B737-800 NG, flambant neuf, le capitaine de Kenya Airways a dû se sentir en sécurité ! Ils connaissent tempêtes et pluies fortes !

Pour nous, en fait le pire, ce fut quand le car (la bétaillère) est venu nous chercher : tracteur & semi remorque vétuste ; camion de transport de fuel; pas de sièges ! Tous debout ; les odeurs ! Une expérience ! Les Moldaves n'ont pas infligé le même traitement à Chirac, ... de longs mois (années ? ) après !

La foire de Paris, c'est du nougat, à côté de nos tribulations ! A l'époque, il n'y avait pas de Français sur ces lignes. Evidemment, il fallait que la France refasse les cartes, pour permettre aux hommes politiques de découvrir où se trouvait la Moldavie ! Au-delà de la Roumanie, ils avaient des problèmes de géographie ! Pas le circuit habituel du Quai d'Orsay !

La 'National Geographic Society' a fourni les premières cartes détaillées (Michelin n'était pas encore au courant, non plus , ... à l'époque ! ). L'Ambassade, à peine posée, a dû se perdre !

PS : j'y suis retourné ; mais en été, et en Tupolev ! Les Moldaves avaient gagné assez d'argent avec les YAK, pour les vendre, et acheter des Tupolev !

(Message édité par sevrien le 24/05/2007 17h24)
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rolroro
Anonyme

Inscrit le 08/04/2006
224 messages postés

# 23 mai 2007 12:33
Bonjour Sevrien ...super ton recit..je me suis régalé de te lire.C'est le genre d'aventure qui vaut d'etre vécue...mais dont on est bien content d'en etre sortis.Bon moi je trouve que chaque vie humaine est unique et precieuse et qu'il vaut mieux se faire virer et se retrouver au chomage en sauvant sa propre vie et celle de ses passagers...je n'accepte pas ce concept de rentabilité a tout prix au depent de la securité ..et je l'ai dit voir plus haut je prefère passer 1 nuit a l'hotel et partir plus tard ou patienter 1h ou 2 ..je n'en voudrai pa au CDT de bord quel qu'il soit car j'ai le plu profond respect pour eux .ciao ..amicalement

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fana
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BDU76
Membre

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961 messages postés

# 23 mai 2007 18:09
Hep ,Minute

je n'ai jamais dit que la rentabilité devait primer sur la sécurité .
J'ai dit , que d'en les faits ,c'est ce qui se passe malheureusemnt trés souvent .
nous vivons dans un monde oùla rentabilité prime tout
Et j'ai sufisament cotoyer le monde industriel pour pouvoir l'affirmer.
le pilote est soumis à la presssion exercée par sa compagnie et pour certaines d'entre-elle la rentabilité passe avant toute chose .
Quelqu'un sur se forum se souvient-il des circonstances qui ont conduit Christian Marty à tenter un tonneau lent au décollage avec son Concorde en feu ? Rentabilité
Car ,dans ce cas Rentabilité pour la compagnie américaine qui a laisser traîner une piéce de son avion déffectueux sur la piste .
L'accident du MD11 au Vénézula Rentabilité
La compagnie a voulu faire des économies sur la formation
de l'équipage .
Imagine t-on le nobre de pilote qui descendent endessous des minas en percés IFR pour satisfaire son patron.
Une remise des gaz , c'est au bas mots 10mn de vol
Coût énorme , donc , on continue la percée pour ne pas avoir à présenter la facture au patron
Etc Etc..
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vonrichthoffen
Membre

Inscrit le 07/08/2006
896 messages postés

# 23 mai 2007 23:26
La pression exercée sur les pilotes au nom de la rentabilité est souvent à l'origine du facteur humain, celui là même qui tient toujours une place non négligeable dans le déterminisme qui mène à la catastrophe.
Un exemple parmis d'autres, mais bien significatif: la perte du vol 261 d'Air Alaska le 2 février 2000. Départ de Monterrey (si mes souvenirs sont bons) à destination d'Anchorage. L'avion est un MD83. Arrivé à l'altitude de croisière, impossible de régler le compensateur, le disjoncteur du servo-moteur déclenche et refuse de se réenclencher, déclenchant immédiatement à chaque tentative. Sur cet avion, ce n'est pas une petite contre-gouverne, c'est toute la gouverne qui est compensée. Que feriez vous dans ce cas là, Monsieur BDU ? Pour ma part, avec ma modeste formation de pilote de club, je suspecterais un blocage mécanique (et honnêtement c'est ce que j'ai fait lorsque j'ai vu la reconstitution des évènements dans un reportage à la télé, sur le moment et sans connaitre la suite) et je commencerais à m'inquiéter suffisament pour rentrer tout de suite me poser quelque part avec mes passagers. Les membres de l'équipage, avec leurs milliers d'heures, en ont décidé autrement. Un blocage mécanique sur un compensateur où toute la gouverne est compensée= logiquement "couille dans le potage". Il s'est avéré en fait que par des économies sur la maintenance, les graissages d'une pièce maitresse du mécanisme de compensation de la gouverne de profondeur, à savoir une vis sans fin, avaient été "espacés", le moins que l'on puisse dire. Une partie du filetage de la pièce en question s'était arraché, et bloquait le mécanisme. Les pilotes ont continué, en essayant régulièrement de réarmer le dispositif, avec un avion ayant tendance au cabré, necessitant une correction permanente au manche. Ce qui devait arriver arriva: à la faveur d'une tentative de réarmement du disjoncteur, la gouverne s'est retrouvée folle, et l'avion est parti à piquer. Les pilotes réussirent toutefois à récupérer l'avion, le mécanisme ayant miraculeusement réussi à se recoincer provisoirement et à redonner une position fixe à la gouverne, toujours mal compensée cependant. Là, à ce moment du vol, les pilotes décident de se dérouter, mais trop tard, les efforts sur la gouverne ont été trop importants et quelques minutes plus tard celle-ci s'arrache et l'avion s'abime en mer.
Je ne vois qu'un paramètre sous-jacent qui ait pu à ce point et dans ce cas précis faire prendre à l'équipage la décision de continuer, une fois la panne déclarée, option théoriquement possible (encore faut-il ne plus toucher au problème et ne pas essayer de le résoudre en vol) mais contraire au principe de précaution: ce paramètre , c'est l'ambiance et la pression qui devait règner non seulement dans la compagnie, mais aussi plus généralement dans le milieu, celui des PN où les places sont chères et disputées, où des gens peuvent se faire virer ou griller du jour au lendemain, ou encore faire une carrière brillante et se retrouver avec une retraite minable, etc.... L'ultralibéralisme dans le cockpit, en quelque sorte.

http://piloteus.journalintime.com/

Ce blog d'un pilote français ayant fait carrière aux States est très édifiant. On peut se faire une idée du côté impitoyable de ce milieu et de la société amerloque en général.
_________________

(Message édité par vonrichthoffen le 24/05/2007 00h41)
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vonrichthoffen
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896 messages postés

# 24 mai 2007 15:26
Un incident sur un 737-800 de Ryan Air, suffisamment inquiétant pour mobiliser le NTSB:

http://www.ntsb.gov/ntsb/brief.asp?ev_i ... &key=1
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BDU76
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Inscrit le 16/10/2006
961 messages postés

# 24 mai 2007 18:45
CQFD cher Baron

Comme ce CdB du vol AF à Totonto qui choisit de se poser sous un orage et ,arrivant en finale avec 20Kt arrière refuse d'écouter le copi qui voulait remettre les gaz... sad
Bilan , appareil détruit et (heureusement , pas de victime (si ce n'est la licence du capitain).
Encore une fois , l'Hypocampe avit un ange au-dessus de lui .

(Message édité par BDU76 le 24/05/2007 18h47)
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pesawat
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Inscrit le 06/01/2007
1 188 messages postés

# 19 juillet 2007 23:56
Ca c'est vrai il y a une telle pression de la part des compagnie sur leurs pilotes qu'ils finissent par decoller et mettre la vie des passagers en danger,c'est grave d'en arriver la.Il y a du chomage chez les pilotes,comme partout donc il devraient pensez aux vies qu'ils mettent en périls et s'ils expliquaient aux passagers pourquoi par exemple l'avion dans lequel ils sont assis ne decollera pas,les passagers seraient tellement heureux qu'on s'occupent bien d'eux qu'ils lui en seraient reconnaissants.
Pour kenya je suis d'accord avec sevrien ils pensaient a coup sur que l'avion etaient tous temps et l'excès de confiance dans la machine les a fait decoller avec de l'orage.Les meilleurs pilotes pour moi qui voyage pas mal en avions sont ceux qui qui mettent leur fierté dans leur poche et qui accepte les conseil des autres,de la tour,du copilote,une parfaite harmonie dans le cockpit avec de l'analyse de chacun de la situation a gérer sans gene si il a raison ou tort tanpis pour sa fierté,on pense avant tout aux vies et pas a sa petite personne.
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