Actualité aéronautique

La polémique sud africaine de l'A400M

Article publié le 11 novembre 2009 par Alexandra Guillot

En 2004 le gouvernement sud africain prévoyait d'acheter une flotte de huit avions de transport militaires sophistiqués A400M à Airbus, pour 8 milliards de rands (725 millions d’euros). Cinq ans après, Armscor (compagnie gouvernementale d’armement)  annonce un prix de 47 milliards de rands (4,3 milliard d’euros) que le gouvernement a refusé de payer. Aeroweb vous révèle les dessous du dossier.

A l’époque, le contrat récupéré par Denel (filiale d’Armscor) pour fabriquer des composants du fuselage aurait été fortement décisionnaire dans la signature de la commande des A400M. Aux yeux des officiels, l'affaire signée devait être salvatrice pour Denel, garantissant la partie conception et fabrication sur un programme d’envergure mondial. Mais les responsables de Denel avaient averti que la modernisation du matériel d'usinage nécessaire au projet d’Airbus pousserait la compagnie encore plus profondément dans le rouge, et c’est ce qui s'est produit. La polémique autour du dossier n’a fait que grandir au fur et à mesure de son avancement et des retards accumulés.


L’A400M devait aider les militaires à réorienter les priorités stratégiques vers le maintien de la paix en Afrique. Il devait aussi mettre un terme à l’emploi d’opérateurs russes et ukrainiens extrêmement douteux pour affréter troupes et équipements au Congo et autres points névralgiques sur le continent. Les Ilyushin 76 et Antonov 12 étaient non seulement mal entretenus et dangereux, mais il semblerait aussi que certains d'entre eux ont pu être impliqués dans diverses actions de contrebande.


Alec ErwinLe fait est que la flotte de larmée de l'air sud-africaine venait juste d’être modernisée avec des Hercules C-130 commandés aux Etats-Unis lorsque le dossier A400M avait été signé. Encore plus curieux, apparemment il n’y a même pas eu d’appel d’offres pour la commande des A400M. Le gouvernement aurait pris la décision à titre exceptionnel car il ne s’agissait pas d’un achat «ordinaire».

Alec Erwin, alors ministre des entreprises publiques, aurait déclaré: «La participation de Denel (et de sa branche privée Aerosud - NDLR) signifiait que nous étions partenaires avec Airbus, plutôt que des acheteurs». Etrange partenariat de 47 milliards de rands que le nouveau gouvernement n'a pas cautionné.

La réaction d’Airbus à l’annonce de l’annulation de la commande la semaine dernière a été qu’une «étude de l’impact financier et industriel de l’annulation» allait être menée. Est-ce que ceci est censé être une menace déguisée pour retirer les contrats de fabrication et de sous-traitance passés avec les entreprises sud-africaines ? Le programme ayant déjà tellement été retardé, il semble peu probable qu'Airbus, accepte d'autres retards juste pour prendre une revanche sur l'Afrique du Sud. Du coté sud-africain on se pose cependant la question tout en attirant l’attention sur l’absence de processus d’achat clair et défini du programme de défense de pays.

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