Camarades, il faut bien que jeunesse se passe... Le retour...
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 12 avril 2015 11:58 | |
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Parlons hélices... Une fois en brousse ou perdu dans des champs à n'en plus finir, seul, avec comme décor un vieil hangar en tôles ondulées, une tente rectangulaire de l'armée en guise d'appartement, et quelques bricoles afin de pouvoir se cuisiner une bonne bouffe, il y avait, l'atelier de maintenance, tout aussi dépouillé, mais l'essentiel était là, des outils vieillissants mais très utiles, la pompe Japy à bras, des fûts de carburant et des bibons d'huile. Je rentrais d'un épandage assez difficile. J'avais entre autre, atterri un peu sur la droite de la piste, où se trouvait une bande de graviers, la seule, pas de bol, ce fut pour moi. C'était la fin de journée, je me suis fais un bon café et j'entrepris de faire la visite post-vol. Mes mains passaient sur les courbes des hélices. Sur les quatre pales, trois avaient quelques grosses égratignures et des impactes. J'étais seul et comme je voulais être peinard je n'ai pas envoyé de message via la CB, à la base qui se trouvait plus au sud vers Antigua. Mais heureusement, dans le lot d'outils à ma disposition, il y avait une bonne vieille ponceuse , une petite meuleuse, à air comprimé. Je lançais le compresseur, et commençais à traiter les surfaces. Quand il faut " rectifier " une hélice, il faut faire vraiment gaffe à ne pas la rendre déséquilibrée par un ponçage (ou meulage) trop dur. Y aller en finesse, par petite touche afin de polir la surface. Les principaux impactes avaient disparus, je mouillais régulièrement la tête de ma ponceuse pour faire une finition impeccable. Voila, j'étais fier ! Un léger coup de barbouille noir mat et pour me rassurer, une vérification des cotes de l'hélice sera faite plus tard à la base..., qui ne fût jamais faite... (Dernière édition le 14 avril 2015 11:26) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 14 avril 2015 07:53 | |
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En fait, la chose à savoir sur l'hélice (celle du M18) est que la corrosion reste le principal problème. En fait, ce genre de mécanique, hélice/moyeux, aux multiples pièces, a une tolérance assez serrée et la réparation ou le changement d'une des pièces, ou organe, de cet ensemble, coûte un bras ! Les visites doivent être régulières, qui vont de pair avec celles du moteur. La corrosion restant la chose a bien surveiller, surtout en opération dans des climats chauds et humides. Autrement dit, on se fout royalement des temps d'exploitation ( ex: 2000 hrs ), seul le climat dans lequel on évolue importe. Bref, une maintenance ( surveillance ) régulière, prolonge la vie de l'hélice (bien au-delà des normes constructeur). Comme je dis toujours : " L'hélice, c'est ma copine...". (Dernière édition le 14 avril 2015 07:59) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 14 avril 2015 10:38 | |
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Quand j'y pense, le PZL M18 Dromader s'est pas mal crashé dans sa carrière ! De 1984 à 2015, 86 appareils sont allés au tapis. Le dernier en date, en Argentine, le pilote a fait un atterrissage forcé sur une route nationale, causant des dommages irréparables à l'avion, un modèle M18 A. _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 16 avril 2015 11:28 | |
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Si il y a un problème sur le M18, ce serait le refroidissement moteur, du moins dans certaines phases de vol qui sollicitent des ressources, dans des climats chauds et secs. Des modifications ont été apportées. La plus notable fût le carénage, un capot qui maintient une pression et une circulation d'air autour des têtes de cylindres. Il canalise le flux d'air et évite au moteur de tutoyer la ligne rouge des instruments moteur, et quelque soit la vitesse donnée, le M18 aura moins de puissance à fournir, d'où une économie de carburant. De plus, ce carénage améliore le flux d'air sur le fuselage jusqu'à l'empennage, d'où un meilleur contrôle en lacet et tangage. M18 caréné : (Cliquez pour agrandir) Voir l'image (Dernière édition le 16 avril 2015 11:32) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 17 avril 2015 10:39 | |
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Mon premier vol en condition IMC... Je venais juste d'être qualifié vol aux instruments. Ce matin là, à Panama City, il faisait beau et j'avais décidé de faire un aller-retour à Baton Rouge, histoire de passer le week-end à écouter du jazz et me gaver de crevettes sauce piquante. Le retour sur Panama, le temps s'est dégradé à vitesse grand V, pourtant, j'avais bien préparé mon vol. Je fus attrapé par des nuages bas, puis vint la pluie, que dis-je, plutôt un grain violent, tout était devenu gris, je ne voyais plus les grandes plages sur ma droite, je ne voyais plus rien, et ce en a peine une à deux minutes... j'ai rapporté à la tour de contrôle la situation, je passais en IFR et je fus invité à atterrir le plus vite possible ou à me poser ailleurs. Je reconnais que ça été assez stressant. Là, ce n'était plus de l'entrainement, j'étais dedans à fond et les instruments de bord étaient devenus mes meilleurs amis du moment. La pluie redoublait d'intensité et je perdais de l'altitude, j'augmentais donc les gaz et les contrôleurs, qui savaient que j'étais élève pilote, m'ont pris gentiment en charge... Je vis enfin la piste... Ce sentiment de bien être soudain, de soulagement non dissimulé est presque indescriptible. Il pleuvait toujours, une bonne averse du sud, puissante, mais le Cessna 172 se posa sans l'ombre d'un soubresaut... J'avais transpiré, j'avais les mains moites, mais c'est avec un franc et massif sourire que j'ai annoncé fièrement à la radio : " - Clear of runway... " (Dernière édition le 21 avril 2015 15:51) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Vector
Inscrit le 26/06/2007 |
# 17 avril 2015 17:31 | |
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Ton carénage est un anneau de Karman bien connu dans l'aviation des années 20-30. Il sert a augmenter le refroidissement des culasses tout en minimisant la traînée. Lu aujourd'hui dans une revue US : "Real men fly radials" Tu dois être d'accord ? _________________ " Des trolls, n'en jetez plus, la cour est déjà pleine !" Vector |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 17 avril 2015 18:13 | |
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Salut Vector ! Oui, effectivement, cela découle directement des années 20, d'un projet " speed ring " de la NACA, (ancêtre de la NASA ). Il avait d'ailleurs été appelé " Capot de pression ". En fait, à haute altitude par temps chaud, un gros moteur radial (1200 cv), avait un besoin urgent que le flux d'air autour des cylindres soit canalisé afin d'obtenir un bon refroidissement. Pour moi, cela reste comme une sorte de principe de Venturi (tube), le flux est canalisé et il accélère en un flux régulier ! De profil, le capot est aussi un profil d'aile. A l'accélération, il y a aussi une dépression à l'extérieur (le dessus du capot). Je suppose que comme ce profil court tout autour du moteur radial, la " force ou une sorte de portance minimale " générée par cette dépression, s'annule. Enfin bon, j'ai de vieux restes de mécanique des fluides, mais cela reste quand même pas terrible
(Dernière édition le 17 avril 2015 18:31) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Vector
Inscrit le 26/06/2007 |
# 17 avril 2015 18:32 | |
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Salut Fishbed, ton vol IMC m'en rappelle un à bord d'un puissant DR1050 à moteur Potez, à réchauffage carbu automatique, en compagnie de mon père qui était tout fier parce que l'indicatif de l'avion était Papa-Roméo. Courant devant un front froid annoncé, nous avons abordé un col du Jura assez bas pour bien voir le sol quand le moteur a commencé à perdre de la puissance et à cogner (j'ai constaté que les cognements étaient en fait des parasites amplifiés par la radio). Mon père connaissait un petit terrain où il allait voir les avions avant la Guerre. L'approche directe m'a amené trop haut pour la cuvette où il se trouvait et j'ai continué avec mon moteur poussif à TOGA, j'ai dû refaire un tour en passant l'aile sous le balcon d'un chalet et je suis revenu me vautrer au second régime en coupant le contact pour ne pas casser l'hélice dans les barbelés. L'occupant du chalet sort et me dit que le terrain est désaffecté depuis longtemps et que c'est le pire atterrissage qu'il a vu. Je lui réponds que c'est mon meilleur à vie vu l’exiguïté du terrain. Au bout d'une demi-heure, l'eau commence à couler sous le carburateur et les nuages s'accumulent. Je juge qu'il est urgent de filer à l'anglaise en Suisse et après un point fixe à faire glisser les roues sur l’herbe humide, nous décollons au ras des barbelés et aussitôt, nous entrons dans les barbules. Je suis la route que je connais bien et nous arrivons devant un mur de nuages. En fait nous sommes dans un cirque de nuages entre des parois et le col est complètement bouché devant et derrière. Comme je sais que ça ne peut pas être très épais devant, car il y a la vallée et le lac, j’improvise une percée à la bille-aiguille, contrôlée au compas, en espérant qu’il n’y aura pas trop de turbulence. En moins de dix minutes, je suis en nage des pieds à la tête et le temps me semble long. Enfin la crasse s’effiloche, puis c’est une tempête de ciel clair. Encore un quart d’heure et nous atterrissons à Annemasse en projetant des gerbes d’eau, seul avion sur tout le terrain. Eh bien, ils n’ont jamais cru que nous étions passés par là et je n’ai pas insisté car nous avions coupé l’axe d’approche de Genève, heureusement en radada. IMC vous avez dit ! Et depuis ce vol, mon père a moins aimé l'avion. (Dernière édition le 17 avril 2015 18:35) _________________ " Des trolls, n'en jetez plus, la cour est déjà pleine !" Vector |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 17 avril 2015 18:58 | |
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Je pense que rien n'est pire qu'un vol IMC en montagne... Ca m'est déjà arrivé plusieurs fois dans les rocheuses entre Denver et Provo (entre autres), mais là, j'avais de l'expérience. Mais même avec plusieurs vols en conditions IMC purs et durs, je n'avais pas peur mais ma concentration pouvait me filer facilement un mal de crâne ! _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 17 avril 2015 19:09 | |
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Mais le faire avec un bille-aiguille, compas, chapeau bas ! _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Vector
Inscrit le 26/06/2007 |
# 17 avril 2015 20:21 | |
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Honnêtement, c'est l'atterrissage qui a été le plus difficile. Vive les volets d'intrados du Jodel,sauf près du sol où ils t'empêchaient d'atterrir. La position des montagne, je la connaissais et en suivant le cap 100 j'étais sûr de passer. _________________ " Des trolls, n'en jetez plus, la cour est déjà pleine !" Vector |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 20 avril 2015 05:02 | |
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Voila, la nuit s'écoule doucement... j'ai posé deux/trois collets , car j'ai repéré un gros lapin et comme ça fait un bail que je n'ai pas cuisiné un bon civet, c'est l'occasion qui fait le larron. Ce soir, en passant devant des broussailles épineuses, à la lisière des champs voisins, j'ai remarqué quelques poils qui m'ont indiqué un passage... Mouais, Bugs Bunny va morfler... Bon, parlons stall... C'est clair, le décrochage est une affaire d'angle d'attaque et non de basse vitesse... La piste était humide. Le camion citerne était passé, juste avant le levé du soleil, pour ne pas se retrouver dans des nuages de poussière au moindre roulage. Bizarrement mon M18 demarra sans problème, du premier coup, la radio marchait et il y avait un porte goblet tout neuf installé par mon pote mécano, Heriberto, un solide mexicain qui claque des siestes plus vite que son ombre. C'est marrant, j'ai comme l'impression que l'on ressent un problème avant qu'il arrive, comme une sorte de prémonition, cet instant indescriptible où c'est là, à ce moment précis, que l'on devrait prendre la bonne décision... eeeeh non, ce n'est pas aussi simple ! Ca y est, je suis en bout de piste, non pas pour respecter un traditionnel " position and hold " mais pour siroter quelques gouttes de café bien fort avec une paille. Je balance la sauce, ca ronfle, ca vibre, ca pousse. Je ressens déjà la surcharge de mon appareil, mais bon, la piste est longue et il n'y a pas d'obstacles majeurs devant moi, même pas un arbre et sur ma droite, un champ de maïs à perte de vue. Les roues quittent le sol, l'avion prend de l'altitude péniblement, puis les premières secousses apparaissent. Si j'avais été à bord d'un Cessna 172, pas de problème, finger in the nose pour le remettre dans le droit chemin sans autre complication... Mais là, un M18, c'est une autre paire de manches. L'avion s'affaisse et part sur la droite, je pousse sur le manche et donne du palonnier gauche. Je balance le nez vers le sol jusqu'à que l'hélice commence à faucher la tête des maïs, pas de problème, j'avais repris de la vitesse, puis je tire sur le manche et enfin au neutre. Le train principal tape le sol, rebondit, plein volets, retape la terre et là, le spectacle est grandiose, des gerbes de maîs s'envolent, c'est le grand show à l'américaine, il ne manquait plus que James Brown pour m' accueillir en chantant : " I feel good "... Dans mon malheur, j'ai eu de la veine, vraiment... j'ai atterris parallèle aux sillons du champs... Bilan de cette petite virée ? Rien, que dalle, nada. L'équipe au sol est venue faucher à la rotative une petite partie du champ, un coup de tracto-pelle pour faire un semblant de piste carrossable et je suis repartis vers l'hangar de maintenance, ma journée était finie... (Dernière édition le 20 avril 2015 05:33) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 20 avril 2015 05:38 | |
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Allez, ne boudons pas notre plaisir... I FEEL GOOD... (Dernière édition le 20 avril 2015 14:06) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 20 avril 2015 05:47 | |
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Ah tiens, on a jamais abordé la musique dans le travail du pilote... Je ne sais pas si c'est raisonnable... Voici en gros ce que j'écoute quand je taffe, juste un exemple, la liste n'est pas exaustive : Andy's Chest Highway to hell Fortunate son Sinon, quand je glandouille, je suis plutôt Blues et Jazz... (Dernière édition le 20 avril 2015 06:01) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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Fishbed21
Inscrit le 27/05/2013 |
# 21 avril 2015 10:32 | |
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Si je devais citer les aéroports qui m'ont donné un max de sensations question vent de travers, tout de suite, j'en vois 3 où j'ai eu de belles frayeurs, mais une chose est sûre, j'en redemandais ! Alors, le premier qui me viens en tête est celui de Wellington, Nouvelle-Zélande, là, ça peut souffler vraiment fort ! Il y a eu aussi Brampton en Australie, mais surtout Aneou dans les Marquises. Un jour, sur Aneou, j'ai dû m'y prendre 4 fois avant de me poser, mais le plus dur fût de maintenir la trajectoire une fois au sol, de sacrés souvenirs... (Dernière édition le 21 avril 2015 10:33) _________________ L'alcool ne résout pas les problèmes, ceci dit, le lait et l'eau non plus... |
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