Actualité aéronautique
Airbus : résultats 2024
Article publié le 22 février 2025 par David Dagouret
Le groupe a livré 766 avions commerciaux et a enregistré des revenus de 69,2 milliards d'euros.
Airbus SE a dévoilé ses résultats financiers consolidés pour l’année 2024, marquant une performance robuste dans un contexte qualifié de « challenging » par son PDG, Guillaume Faury.
Avec 766 avions commerciaux livrés, des revenus en hausse à 69,2 milliards d’euros et un EBIT ajusté de 5,4 milliards d’euros, le géant aéronautique européen confirme avoir rempli ses objectifs annuels tout en posant les bases d’une croissance future.
En 2024, Airbus a livré 766 avions commerciaux, contre 735 en 2023, avec une répartition comprenant 75 A220, 602 appareils de la famille A320, 32 A330 et 57 A350. Cette progression de 6 % des revenus issus des activités avions commerciaux, atteignant 50,6 milliards d’euros, reflète la montée en cadence progressive de la production, bien que des défis subsistent dans la chaîne d’approvisionnement, notamment avec Spirit AeroSystems, pour les programmes A220 et A350.
Côté commandes, le groupe a enregistré 878 commandes brutes d’avions commerciaux, soit un net de 826 après annulations, contre 2 094 en 2023, une année exceptionnelle. Le carnet de commandes reste impressionnant avec 8 658 appareils à fin décembre, porté par une demande persistante. Airbus Helicopters a également brillé avec 450 commandes nettes (contre 393 en 2023) et des livraisons en hausse à 361 unités, tandis que la division Défense et Espace a vu son intake grimper à 16,7 milliards d’euros, incluant 25 Eurofighters supplémentaires pour l’Espagne au dernier trimestre.
Les revenus consolidés ont progressé de 6 % à 69,2 milliards d’euros, dopés par les trois divisions. L’EBIT ajusté s’établit à 5,35 milliards d’euros, en léger recul par rapport aux 5,84 milliards de 2023, un chiffre impacté par des charges significatives dans les programmes spatiaux (-1,3 milliard d’euros) et une mise à jour de 121 millions d’euros sur l’A400M. Malgré ces pressions, l’EBIT rapporté atteint 5,3 milliards d’euros, contre 4,6 milliards en 2023, et le bénéfice net consolidé s’élève à 4,23 milliards d’euros, soit 5,36 euros par action.
Le flux de trésorerie libre avant financement client reste stable à 4,46 milliards d’euros, soutenant une position de trésorerie nette de 11,8 milliards d’euros. Fort de ces résultats, le conseil d’administration proposera à l’assemblée générale d’avril 2025 un dividende de 2 euros par action, assorti d’un dividende spécial d’1 euro, signalant une confiance dans la trajectoire de l’entreprise.
Guillaume Faury a souligné les efforts recentrés sur la montée en puissance de la production et la transformation de la division Défense et Espace, tout en poursuivant l’ambition de décarbonation. Le programme A320 vise un rythme de 75 avions par mois d’ici 2027, tandis que l’A350 cible un taux de 12 en 2028, avec un décalage de l’entrée en service de sa version cargo à fin 2027. L’A220, quant à lui, progresse vers 14 appareils mensuels en 2026. Ces objectifs ambitieux restent toutefois tributaires d’une chaîne logistique sous tension.
Dans la division Défense et Espace, les sept livraisons d’A400M – dont une première pour le Kazakhstan – contrastent avec des incertitudes sur les futures commandes, incitant Airbus à réévaluer les impacts potentiels sur ce programme stratégique.
Pour 2025, Airbus table sur 820 livraisons d’avions commerciaux, un EBIT ajusté de 7 milliards d’euros et un flux de trésorerie libre avant financement client de 4,5 milliards d’euros. Ces prévisions intègrent l’effet de l’intégration de certains lots de travaux de Spirit AeroSystems à partir de juillet 2025, avec un impact attendu neutre sur l’EBIT ajusté mais négatif à hauteur de plusieurs centaines de millions sur le cash-flow, compensé par une indemnisation.
Dans un secteur où la stabilité géopolitique et économique reste cruciale, Airbus mise sur une exécution sans heurts pour concrétiser ces ambitions. Les prochains mois diront si le groupe peut relever ce pari, dans un ciel où la demande reste forte mais les turbulences logistiques toujours présentes.

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