Actualité aéronautique
BEA : une étude inédite sur l’activation du parachute de secours en ULM
Article publié le 1 octobre 2025 par David Dagouret
Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) publie une étude approfondie sur l’usage du parachute de secours en ULM.
Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses (BEA) a rendu publique une étude inédite consacrée à l’activation du parachute de secours en ULM. Certains aéronefs légers, en particulier les multiaxes, sont équipés de ce dispositif destiné à ramener la cellule au sol en cas de situation critique. Si son efficacité est reconnue, le BEA relève qu’il reste encore trop rarement utilisé, parfois même dans des circonstances où toutes les conditions semblaient réunies pour son déclenchement.
L’étude repose sur 95 accidents analysés, dont 88 impliquant des ULM. Parmi ceux-ci, 38 ont été mortels et près d’un tiers relevaient du champ de l’étude. Au total, le parachute n’a été activé que dans 21 cas, soit un peu plus d’une fois sur cinq en ULM multiaxes et deux fois sur cinq en avion. Lorsqu’il est déclenché dans son domaine d’utilisation, le dispositif s’avère bénéfique pour réduire la gravité des conséquences corporelles : dans 18 cas sur 21, aucun dysfonctionnement technique n’a été constaté.
Quatre principales situations d’activation ont été identifiées :
- perte de contrôle de l’appareil,
- perte de références visuelles,
- vitesse excessive,
- absence de terrain propice pour un atterrissage forcé.
Le BEA a complété son analyse par des témoignages de pilotes ayant déjà utilisé leur parachute. Ces retours d’expérience mettent en évidence plusieurs facteurs favorisant la décision : l’appropriation du dispositif par le pilote, des règles d’activation simples définies avant le vol, la mémorisation de la procédure lors d’un briefing et l’entraînement régulier au geste.
L’un des enseignements majeurs tient à la difficulté de franchir le pas : activer le parachute implique d’accepter la perte potentielle de l’aéronef ou le sentiment d’échec associé.
Le BEA recommande ainsi de promouvoir une préparation mentale :
- établir des critères clairs (« perte de contrôle à basse hauteur = parachute »),
- répéter le geste régulièrement avant vol,
- partager expériences et bonnes pratiques entre pilotes.
Enfin, l’étude rappelle que depuis 2022, plusieurs enquêtes récentes ont déjà intégré ses enseignements préliminaires, confirmant la pertinence de ces conclusions.

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